La Beauce et Les Etchemins servent de décor pour Le grand vide

CULTURE. Le cinéaste lévisien Jessy Dupont a choisi la région pour tourner une partie de son prochain film, Le grand vide, au cours de l’été.

Son équipe et lui se sont arrêtés au centre-ville de Saint-Georges, de même qu’à d’autres endroits de la Beauce et des Etchemins, incluant le Manoir à Lac-Etchemin, ainsi que les restaurants La Grille à Saint-Prosper et le Café Royal à Saint-Georges.

« J’ai grandi à Lévis, mais j’ai beaucoup de famille dans Les Etchemins, notamment à Sainte-Rose et à Lac-Etchemin », indique l’homme de 39 ans pour expliquer son choix. « Quand j’étais enfant et qu’on prenait la route 277 vers Sainte-Rose avec mes parents, j’admirais les paysages et je me disais qu’un jour, je tournerais un film à cet endroit. »

De son propre aveu, il s’agit de son projet le plus ambitieux, lui qui disposait d’un budget de 200 000 $. « Par le passé, j’ai réalisé des films de genre, mais celui-ci représente davantage mes valeurs. C’est un mélange de plusieurs choses que j’ai observées et qui m’ont touché au fil du temps », précise-t-il.

L’œuvre raconte l’histoire d’Eliott, un ébéniste à la retraite qui souffre d’alcoolisme. Le personnage principal partira sur la route pour essayer de retrouver son fils toxicomane qu’il n’a pas vu depuis 20 ans. Il se rendra jusqu’en Acadie où certaines scènes ont aussi été tournées.

En cherchant des lieux de tournage, il a pu constater l’importance de parler de sujets comme la dépendance. « Les gens me demandaient sur quoi portait mon film et quand je leur expliquais, je voyais que le sujet les touchait. Plusieurs m’ont raconté qu’ils avaient perdu de vue quelqu’un dans leur famille, qu’ils n’avaient plus de nouvelles de cette personne », raconte M. Dupont.

Le film abordera également de thèmes comme l’orgueil masculin et l’importance de la langue française en Amérique. Le long métrage fait aussi une place à la nation Wolastoqiyik et met de l’avant la langue Wolostoquey. « Il est essentiel d’inclure les Premières Nations à qui nous devons tant. Nous ne pouvons revendiquer la langue française sans reconnaître les langues autochtones », affirme-t-il.

La distribution comprend Jean Drolet dans le rôle d’Eliott, et Louise Portal, qui interprète sa femme dépressive depuis le départ de leur fils. Celui-ci est joué par Mathieu Richard. Les acteurs acadiens Marc Lamontagne et Bianca Richard seront aussi de la partie. Le premier incarne Bourk, un Acadien avec qui Eliott nouera une amitié improbable. La seconde prête ses traits à Crystal qui tente de retrouver la garde de sa fille.

Le grand vide est présentement en montage. « L’objectif est de le sortir dans des festivals vers la fin de l’été 2024. La sortie en salle est prévue en 2025 », conclut Jessy -Dupont.