LA CHRONIQUE DE FRÉDÉRIC : Quelle relève pour nos traditionnelles cabanes à sucre ? 

Selon des statistiques dévoilées récemment par La Presse, le Québec a perdu le tiers de ses cabanes à sucre depuis une décennie. Cette industrie, porteuse de traditions, disparaîtra-t-elle de nos printemps sucrés ?

D’emblée, je vous rassure sur un point. Cette question alarmante concerne seulement les établissements avec permis de restauration. Les cabanes produisant du sirop, sans restauration avec vente possible de produits d’érable, vivent la situation inverse. Autrement dit, plus de gens veulent entailler nos érables, sans se farcir la préparation des assiettes viandées avec (ou sans) oreilles de crisse.

Fin mars, j’avais contacté des cabanes aux fins d’un reportage sur le sujet. Le manque de main-d’œuvre saisonnière, les normes sévères du MAPAQ (ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation), l’inflation sur le prix des aliments, ainsi que le vieillissement de la clientèle, figurent parmi les obstacles rencontrés par ces propriétaires de cabanes à sucre. 

La Beauce, royaume de l’érable et région aux fortes racines familiales, n’échappe pas à cette tendance provinciale. J’en fais partie. J’adore le goût de l’érable et ses dérivés, mais pas l’esprit rassembleur de la cabane. En plus, des visiteurs ne mettent aucun sirop sur leur repas gargantuesque. Aussi bien se rassembler ailleurs si l’on ne goûte même pas au sucre doré… 

Petit conseil de la semaine : La saison des cabanes à sucre prend fin, mais quelques irréductibles réservent déjà pour l’an prochain. Suivez le mouvement si vous espérez conserver cette partie acéricole de notre patrimoine.