Légère hausse des postes vacants en Chaudière-Appalaches
Le nombre de postes vacants continue de varier dans la région, alors qu’il atteignait -1,5% pour l’ensemble des régions Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches, au deuxième trimestre de 2025. Pour l’année, la fluctuation atteint + 0,7 %. Si le nombre de postes vacants a chuté à 11 135 en Capitale-Nationale, il était en hausse de 2 % à 5915 en Chaudière-Appalaches.
Selon l’Enquête sur les postes vacants et les salaires (EPVS) de Statistique Canada, au second trimestre de 2025, le nombre de postes vacants dans les régions combinées de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches se chiffre à 17 050, comparativement à 17 310 au trimestre précédent. Cette fluctuation s’inscrit en continuité avec la stabilité relative observée lors des quatre derniers trimestres, observe Rosalie Forgues, économiste à Québec International. « On avait connu une forte progression dans les dernières années pandémiques et au sortir de la pandémie. On voit que la situation s’est stabilisée, sauf qu’il faut faire une distinction que ce soit par région ou par secteur, car c’est vraiment inégal. »
Selon les chiffres publiés par Statistique Canada, cette évolution se produit dans un contexte de demande excédentaire moins forte, bien que la situation demeure variable entre les secteurs. Selon Mme Forgues, l’adéquation des compétences vient freiner l’intégration au marché du travail pour toutes les tranches d’âge, mais surtout pour les jeunes de 15 à 24 ans où on note une forte hausse du taux de chômage.
« Les employeurs peuvent rechercher certaines compétences, mais cela ne veut pas dire qu’elles sont disponibles. Autrement dit, ça ne veut pas dire que les gens qui sont à la recherche d’un travail ont nécessairement les compétences pour occuper les emplois disponibles. L’arrivée de l’intelligence artificielle est un facteur chez les jeunes, mais aussi parce que les jeunes sont à contrat ou occupent un emploi temporaire », résume-t-elle.
Les données pour établir les postes vacants permettent de différencier par région administrative, mais on peut présumer et distinguer certaines choses. Beauce et Bellechasse sont des régions davantage manufacturières, alors il est évident que leur contexte n’est pas celui de la ville de Lévis ou celle de Québec, puisqu’elles deviennent davantage sensibles au contexte tarifaire.
Avec 5915 postes vacants en Chaudière-Appalaches, Mme Forgues juge que les variations sont tout de même modestes, par rapport à celles des mois précédents. « Au premier trimestre de 2025, c’était peut-être une exception, alors qu’on observait des situations divergentes entre les deux régions. »
Sur les raisons qui font que le nombre de postes vacants soit en hausse sur toute la Rive-Sud, Mme Forgues hésite à identifier une seule raison. « On peut parler des secteurs de l’emploi qui ne sont pas les mêmes, dont le manufacturier, tandis que sur la Rive-Nord, surtout à Québec, on parle davantage des services publics, de l’assurance et de la finance, qui eux, sont moins influencés par les incertitudes vécues dans l’économie. »
Mme Forgues remarque elle aussi l’offensive faite par la Davie sur son recrutement, ce qui viendra influencer certaines données, au cours des prochaines années. Elle croit néanmoins que le secteur de la défense et naval, pour la protection du nord, est un atout stratégique important pour Chaudière-Appalaches. « Cela va atteindre certains métiers qualifiés, dans le bassin de main-d’œuvre déjà existant et où c’est important à la fois en Beauce et dans Bellechasse. »
