Pharmacies rurales : Garder les services en santé dans nos villages
Sur le territoire de L’Éclaireur Progrès, la moitié des municipalités rurales possèdent une pharmacie communautaire. À l’heure où certains services de proximité disparaissent dans nos villages, des professionnels travaillent à conserver ce lien santé auprès de la population.
À lire aussi : Assistante technique voulant toujours apprendre
Audrey Morin, pharmacienne-propriétaire Proxim à Saint-Martin, accepte de témoigner sur sa propre expérience. Diplômée de l’Université Laval en 2014, cette native de Saint-Gédéon-de-Beauce tenait à exercer son métier en sol beauceron.
Après la retraite du pharmacien-propriétaire Carol Lessard, avec qui Audrey Morin a effectué ses premières interventions, elle rachète la pharmacie de Saint-Martin avec son collègue Robert Boucher. Celui-ci l’assiste toujours comme pharmacien en 2025, Mme Morin ayant racheté ses parts dans l’entreprise.
« Pendant mes études, je descendais chez moi tous les week-ends. […] En plus d’être une fille de région, je me suis toujours intéressé à la santé. J’aime travailler en équipe et voir des gens. Venant d’une famille d’entrepreneurs, ça me tentait de devenir mon propre patron éventuellement », dit-elle.
Occupées et multitâches
Audrey Morin et ses assistantes techniques en pharmacie (ATP), lors de notre visite, donnaient l’impression d’une ruche aux abeilles parfaitement coordonnées. L’important va-et-vient dans les allées, ainsi qu’au comptoir des ordonnances, démontrait que le personnel est aussi occupé que celui d’une pharmacie urbaine.
« Les élargissements des tâches chez les pharmaciens, avec les lois 41 et 67, représentent un beau cadeau. Avec de nombreux patients orphelins et le vieillissement de la population, on est un maillon fort pour désengorger notre système de santé », affirme Mme Morin.

Les pharmaciens peuvent, par exemple, prescrire certains médicaments, effectuer des prélèvements dans la gorge, prolonger ou ajuster une ordonnance, faire des suivis médicaux, ainsi qu’administrer des vaccins. De plus, les employés d’une pharmacie rurale effectuent souvent des tâches supplémentaires, sans toutefois empiéter sur des champs de compétence supérieure. L’absence des techniciens en pharmacie (TP), un type de poste entre le pharmacien et l’ATP, plus présent en milieu urbain, explique partiellement la situation.
« On fait aussi face au manque de main-d’œuvre versus les besoins (des patients). […] Dans notre structure de travail, on a implanté deux robots pour compter et remplir les piluliers. Nous avons ainsi plus de temps à consacrer aux patients. […] Dans un petit milieu, on connaît rapidement les gens. Il y a une belle proximité », mentionne Audrey Morin.
Aucun plan B
Depuis plus d’une décennie, Audrey Morin dévoue son temps à la santé des résidents de Saint-Martin et des environs. Malgré une équipe tissée serrée, elle avoue que la gestion pharmaceutique rurale ne sera jamais parfaite. Son établissement est d’ailleurs fermé le dimanche, afin que tous prennent du repos.
« Quand je pars en vacances, je m’arrange avec des pharmaciens du coin ou des agences privées. Je n’ai aucun plan B en cas d’absence prolongée. […] On veut conserver le sentiment d’aider, mais en conciliant le travail et la famille », conclut Audrey Morin, en réaffirmant son désir d’être pharmacienne le reste de sa vie.
