Saint-Prosper : c’est la fin pour La Grille
RESTAURATION. Institution bien connue à Saint-Prosper, le restaurant La Grille n’est plus. Son propriétaire, Louis Robert, mettra officiellement la clé dans la porte de son commerce ce soir à compter de minuit, mettant ainsi un terme à 52 années d’activité pour ce commerce de proximité.
Arrivé comme gestionnaire des lieux en 2018, il est devenu actionnaire du restaurant l’année suivante avant de devenir propriétaire du fonds de commerce le 1er janvier 2020.
Selon M. Robert, une série de facteurs ont mené à la fermeture de son commerce, à débuter par la Covid qui est arrivée en mars 2020, le gouvernement forçant la fermeture de plusieurs commerces comme le sien, notamment.
« La Covid a fait en sorte que les gens ont changé leurs habitudes de consommation. Est arrivée ensuite la hausse des taux d’intérêt hypothécaires qui a coupé notre clientèle familiale et de beaucoup, la fréquentation ayant diminué de 30 à 40 % juste à ce niveau. Et depuis le début du mois d’avril, les travaux routiers en cours devant le restaurant ont fini de me saigner et mis un terme au peu de potentiel qu’il restait pour le commerce », indiquait M. Robert dans un entretien avec le journal.
Ce dernier ajoute qu’il travaillait, depuis le début du mois de mars, sur un avis de proposition au consommateur qui aurait pu permettre de maintenir le restaurant en activité et de préserver les emplois, mais que les travaux en cours l’ont empêché d’accumuler suffisamment de liquidités pour déposer une proposition qui lui aurait permis d’atteindre cet objectif.
« J’ai donc pris une décision difficile, mais une décision pour moi et surtout pour ma santé qui n’est pas très bonne ces temps-ci. Il était temps de penser à moi avant que ça s’aggrave », précise-t-il également.
« J’approche la cinquantaine et je ne voyais pas comment ça pouvait revenir. Ce n’est pas juste moi, mais l’ensemble de la restauration qui n’est pas facile. Il y en a beaucoup qui tirent leur épingle du jeu, mais il y en a d’autres pour qui c’est plus difficile », rappelle le restaurateur qui dit avoir fait tout ce qui était humainement possible pour maintenir son commerce en opération.
« J’ai fait de mon mieux dans les circonstances et les contraintes qui se posaient devant moi. Le gouvernement ne nous a pas aidés et les prêts de 40 000 $ du fédéral, bien qu’utiles, il fallait les rembourser aussi. Cela en plus des autres prêts que j’avais à rembourser. Ce sont plein de circonstances qui ont mené à cette décision-là, finalement. »
Louis Robert souligne enfin que cette décision, aussi difficile soit-elle, ne représente pas la fin de sa carrière de restaurateur. Celui qui amorcera une nouvelle chapitre à titre de cuisinier au Manoir des aînés de Sainte-Justine, à compter de cette semaine, souligne qu’une fois le processus de fermeture/faillite complété, l’an prochain, il entendait relancer son service de cuisine de rue et de chef à domicile.
