Jean-Louis Roy : un Beauceron pure laine au fond de son coeur

Jean-Louis Roy : un Beauceron pure laine au fond de son coeur
L'auteur Jean-Louis Roy a passé une bonne partie de sa jeunesse à Saint-Georges. (Photo : Photo Mélany Bernier)

CULTURE. > Jean-Louis Roy, l’auteur du roman Shanghai 2040 est une personnalité fort connue des domaines de l’histoire, du journalisme et de la diplomatie.

Il a été directeur du journal Le Devoir, délégué général à Paris, secrétaire général de l’Agence intergouvernementale de la francophonie et bien d’autres fonctions dont président-directeur général de Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

Mais surtout, Jean-Louis Roy est demeuré au fond du cœur un Beauceron pure laine, le fils de Louis-Nazaire Roy de Saint-Georges et de Rita Morin de Saint-Martin.

Bien qu’il soit officiellement né à Normandin au Lac-Saint-Jean en 1941, il n’y est resté que quelques jours. «Mes parents travaillaient dans une ferme expérimentale, mais avaient l’intention de revenir en Beauce. Comme ma mère était enceinte, ils ont attendu l’accouchement avant de partir. Alors, je ne suis de Normandin que sur mon certificat de naissance», ironise M. Roy. La famille comptera finalement trois garçons et deux filles.

Le jeune Jean-Louis a donc passé le plus clair de son enfance et de son adolescence dans le secteur ouest de la ville de Saint-Georges. Après des études primaires, il a fréquenté le séminaire de Saint-Georges et aussi l’Internat de Vallée-Jonction. «La sœur supérieure était une ancienne blonde de mon père, ce qui nous permettait d’avoir certains passe-droits!»

Son grand-père maternel, Matthias Morin, brassait de grosses affaires comme négociant de bois, beaucoup avec les Américains du Maine. Les Morin avaient seize enfants et avaient acheté l’ancien hôtel de Saint-Martin, aujourd’hui démoli. «Il y avait quatorze chambres là-dedans, trois cuisines, des salons. Parfois, au jour de l’An, on se retrouvait 70 dans la même place».

Et c’était sans compter les rencontres familiales chez les Roy qui, eux, avaient douze enfants.

Ça parle politique

M. Roy vient d’une famille où la politique était omniprésente. Par exemple, ses oncles Georges-Octave et Raoul Poulin ont été respectivement député de l’Union nationale au Québec, et député indépendant à Ottawa. Comme de raison, son père était organisateur pour les deux.

De là à croire que la carrière qu’allait suivre par la suite M. Roy n’est pas l’effet du hasard… il n’y a qu’un pas.

«J’ai vécu une jeunesse terriblement enrichissante et vivante au sein de ces familles nombreuses où se retrouvaient des oncles qui sont devenus des profs d’université et d’autres bûcherons ou encore déneigeurs», raconte-t-il convaincu que tous ces débats entre des adultes de divers milieux ont façonné sa personnalité, sa curiosité et son intérêt pour l’histoire et la politique.

M. Roy a encore beaucoup de famille en Beauce et aussi des amis, comme Paul Baillargeon qu’il salue pour son implication dans l’organisme Beauce Art : L’Internationale de la sculpture.

L’histoire de ses familles paternelle et maternelle est tellement riche en anecdotes de toutes sortes qu’elle ne mériterait pas d’être résumée dans un livre? «J’y songe et probablement que cela viendra un jour», conclut M. Roy.

Nous sommes sûrs que de nombreux Beaucerons seraient heureux de lire cette saga familiale.

Shanghai 2040

Jean-Louis Roy nous invite à suivre l’histoire d’une femme politique chinoise, Wei Shu, dont le parcours, parfois planifié et d’autres fois influencé par le hasard, mènera jusqu’à la présidence de la Chine et en fera, par le fait même, la personnalité politique la plus puissante de la planète.

Une projection dans l’avenir qui, à lumière de l’influence de plus en plus grande de la Chine actuellement, ne semble pas si surprenante.

Dans le roman de Jean-Louis Roy, la Chine sera devenue tellement puissante au sein de la politique internationale, au détriment des États-Unis, qu’elle tentera même de faire déménager le siège social de l’Organisation des nations unies (ONU) de New York à Shangai.

«C’est le monde vue de la Chine. Ils ne regardent pas le monde de la même manière que nous, ce qui explique parfois notre difficulté à les comprendre», explique son auteur Jean-Louis Roy.

Jean-Louis Roy a mis à profit sa formation d’historien ainsi que ses nombreux voyages dans l’empire du Milieu pour réaliser ce roman qu’il aura mis dix ans à écrire. Sa lecture nous amène au cœur même du pouvoir chinois et des jeux de coulisses qui s’y produisent.

«La différence entre l’époque de l’affrontement États-Unis contre l’URSS, c’est que cette dernière était une force militaire appuyé sur une faiblesse économique. Pour ce qui est de la Chine, elle est d’abord devenue une force économique pour par la suite devenir une force militaire».

Il ne cache pas sa fascination pour ce peuple qui «s’est fait baver dessus dans le passé par toutes les puissances étrangères et qui a retrouver la prospérité. C’est un pays que, au fil des années, j’ai vu éclore.»

M. Roy n’hésite pas à dresser un parallèle entre le Québec et la Chine. «Tout comme la Chine, le Québec a connu ses années de misère où il contrôlait peu son économie. Puis, est arrivé la Révolution tranquille qui a redonné la fierté aux Québécois. Les Chinois ont aussi retrouvé leur fierté en obtenant leur liberté économique».

Il ne cherche pas, bien au contraire, à excuser les entraves à la liberté humaine qu’exerce le pouvoir en Chine. Il espère seulement que son roman permette d’en comprendre les origines historiques et culturelles.

Jean-Louis Roy a écrit près d’une trentaine d’ouvrage, mais Shanghai 2040 est seulement son deuxième roman. «Le premier s’intitule La Beauceronne, Marie à Georges à Joseph et, franchement, je ne vous le recommande pas!», confie-t-il en riant.

Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires