L’acupuncture, c’est aussi pour les animaux

L’acupuncture, c’est aussi pour les animaux
Élise Coutu, vétérinaire propriétaire de la Clinique du compagnon de Sainte-Marie.

SANTÉ ANIMALE. > Nos animaux de compagnie sont de véritables membres de la famille. C’est pourquoi les cliniques vétérinaires offrent maintenant plus de services de médecine non traditionnelle, réservés habituellement aux humains, pour soulager certaines maladies.

Ainsi en est-il de l’acupuncture qui a fait son entrée il y a quelques années. À la Clinique vétérinaire du compagnon de Sainte-Marie, deux vétérinaires sont en mesure d’offrir ce service.

«Je considère que l’acupuncture, tout comme l’ostéopathie, sont des outils supplémentaires qui nous permettent de soulager un animal lorsque la médecine traditionnelle ne suffit pas», explique Dre Élise Coutu, vétérinaire propriétaire.

Elle donne l’exemple de la hernie discale chez les chiens, une maladie qui peut parfois être très douloureuse. « La seule façon de régler le problème est une opération, ce qui n’est pas toujours possible. L’acupuncture peut alors nous aider à diminuer la douleur et, par le fait même, diminuer aussi la médication».

Les animaux ne sont guère impressionnés, contrairement à certains humains, à la présence des aiguilles. «Ça ne les dérange pas du tout, à moins que l’animal soit naturellement stressé». D’ailleurs, l’acupuncture peut être utilisée pour soigner l’anxiété…

La clinique peut également faire une forme d’acupuncture avec un laser thérapeutique à la place des aiguilles. «Le laser diffuse la chaleur plus profondément que la simple aiguille».

Formation

La Dre Coutu a suivi sa formation auprès de professeurs d’une école française venus offrir les cours au Québec. Quant à sa collègue Raphaëlle Arsenault, c’est aux États-Unis qu’elle a appris les fondements de cette médecine douce venue de Chine. En plus des chats et des chiens, la Dre Arsenault a aussi employé cette technique sur les chevaux.

La pratique de l’acupuncture diffère quelque peu si elle est utilisée sur les humains ou sur les animaux. «Au départ, ce sont les mêmes principes de base c’est-à-dire de stimuler à l’aide d’aiguilles certains sites déterminés de la peau. Cependant, comme la morphologie d’un animal est quelque peu différente – la colonne vertébrale, par exemple, est verticale chez les humain et horizontale chez les chiens –  les aiguilles peuvent être situées à des endroits spécifiques chez l’animal», indique la Dre Coutu.

À noter qu’un vétérinaire ne pourrait offrir l’acupuncture à une personne humaine puisqu’elle n’a pas suivi les mêmes cours qu’un acupuncteur régulier.

Manque de temps

Malheureusement, les Dres Coutu et Arsenault ont peu de temps actuellement pour offrir les services d’acupuncture, sauf pour les animaux déjà inscrits à la clinique.

«C’est sans doute un effet de la pandémie, mais comme de plus en plus de propriétaires d’animaux font du télétravail à la maison, ils ont plus facilement l’occasion de déceler des maladies ou des apparences de maladie sur leur chien ou leur chat. Il en résulte que nous répondons de plus en plus des appels d’urgence non planifiés».

La Dre Coutu souhaite que le tout reviendra à la normale après la pandémie et qu’elle pourra reprendre les cours d’ostéopathie qu’elle s’est promise d’ajouter à sa palette d’offres de soin.

«D’ailleurs, je caresse le rêve, en fin de carrière, de laisser la médecine traditionnelle à mes collègues pour me consacrer uniquement aux médecines alternatives», confie-t-elle.

L’Ordre des médecins vétérinaire veille

Dans un document intitulé «Directive et normes d’exercice – Thérapies complémentaires sur les animaux», l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec (OMVQ) balise la pratique de quatre techniques vétérinaires, dont l’acupuncture et l’ostéopathie.

Tout d’abord, l’OMVQ rappelle que la loi indique que seuls les médecins vétérinaires peuvent offrir des soins sur les animaux, y compris les thérapies complémentaires.

Le médecin vétérinaire qui détient une certification dans une thérapie complémentaire ne peut prétendre être un spécialiste dans cette discipline et s’approprier l’un des titres suivants : ostéopathe, acupuncteur, physiothérapeute ou chiropraticien. Ces titres sont pour la plupart réservés en vertu du Code des professions. Le médecin vétérinaire doit plutôt s’afficher tel un médecin vétérinaire pratiquant la thérapie par manipulations vertébrales et articulaires sur les animaux, l’ostéopathie vétérinaire et ainsi de suite.

Le médecin vétérinaire doit démontrer qu’il détient les compétences inhérentes à la discipline concernée et qu’il n’agit pas au détriment de la santé de l’animal.

Le médecin vétérinaire utilisant les thérapies complémentaires doit utiliser son jugement dans le choix des thérapies utilisées et s’abstenir d’utiliser celles pour lesquelles il n’existe aucune donnée scientifique objective susceptible de démontrer un degré d’efficacité acceptable pour le traitement de la condition de santé.

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