Le gentil chapelier de la Seigneurie du Jasmin

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Par Andréanne Huot
Le gentil chapelier de la Seigneurie du Jasmin
Bruno Dutil fait toutes sortes de chapeaux qu'il met, selon ses activités. Il ne sort jamais sans un couvre-chef. (Photo : L'Éclaireur Progrès – Andréanne Huot)

Vous avez peut-être déjà croisé, dans le secteur de la Seigneurie du Jasmin ou au Grand Marché, ce monsieur qui porte un chapeau différent tous les jours. Même s’il ne voit pratiquement plus, Bruno Dutil fabrique des chapeaux par centaine.

L’octogénaire résidant à la Seigneurie du Jasmin s’est découvert ce passe-temps il y a environ deux ans. «J’avais demandé à ma fille de me faire une capuche pour un déjeuner en pyjama», explique Bruno Dutil.
Peu après, il s’est mis à confectionner lui-même ses couvre-chefs tous plus colorés et originaux les uns que les autres. Seulement dans son appartement, il doit y en avoir près d’une centaine. C’est sans compter ceux qu’il vend ou qu’il donne, entre autres, à de jeunes élèves qui vont le visiter à l’occasion. Deux classes sont passées le voir dans la dernière année.

En plus de récupérer des chapeaux inutilisés, M. Dutil crée aussi ses chapeaux qu’il forme avec du carton, qu’il recouvre par la suite de tissus. Selon lui, chaque chapeau peut prendre entre sept et dix heures de travail avant d’arriver au résultat final.

Lorsqu’on lui demande comme il réussit à coudre ses chapeaux alors que ses yeux lui font défaut, il répond: «Mes doigts voient clair. Ce sont mes doigts qui me guident». Il a même trouvé une façon, avec les languettes de canettes, d’enfiler sa laine dans les aiguilles.

Plus de 300 chapeaux

L’appartement de Bruno Dutil est rempli de chapeaux. Pour la visite du journal, il en avait sorti une soixantaine… seulement. Le garde-robe était encore plein. Selon lui, il en a fait environ 300 et il doit lui en rester environ 180. Seulement depuis le mois de février, il doit en avoir réalisé une trentaine. M. Dutil les avait tous exposés sur son sofa.

«Je change plusieurs fois par jour», indique l’original personnage, qui a d’ailleurs mis au moins huit chapeaux différents pendant l’entrevue. Certains sont des casquettes, d’autres ressemblent plus au chapeau du pape, certains sont ronds, d’autres avec de grands rebords, mais une chose ne change pas, ils sont tous très colorés et possèdent un pompon.

Il s’agit pour M. Dutil d’un passe-temps assez coûteux puisqu’il se procure ses tissus et bouts de ruban ou de dentelle en magasin, mais il aime ça. Il travaille habituellement sur ses chapeaux tôt le matin. D’ailleurs, avant l’arrivée du journal, il avait déjà eu le temps d’en compléter un et il n’était que 9h le matin.

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