Le potentiel acéricole public impacté par la sylviculture ?

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Par Frederic Desjardins
Le potentiel acéricole public impacté par la sylviculture ?
Selon les PPAQ, on ne doit pas couper trop d'érables sur les terres publiques pour fournir du bois aux usines de sciage. (Photo : (Photo gracieuseté) )

Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) a dévoilé sa Stratégie nationale de production de bois en décembre dernier. Les Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ) multiplient leurs actions pour limiter les impacts de celle-ci sur les érablières en terres publiques et l’économie du sirop d’érable.

« La stratégie du MFFP met en péril le développement acéricole du Québec et l’avenir de nos forêts, en priorisant la récolte de tous les arbres dont le diamètre excède 44 cm pour apporter du bois aux usines de sciage. Si les pratiques sylvicoles mises de l’avant demeurent inchangées, il faudra attendre entre 40 et 60 ans avant de pouvoir entailler les érables qui auront été coupés », dit Serge Beaulieu, président des PPAQ.

Une visite sur le chantier Désiré, dans les Hautes-Laurentides, a permis aux PPAQ de constater l’impact majeur qu’aura la Stratégie nationale de production de bois sur le patrimoine forestier et l’industrie acéricole.

Selon Serge Beaulieu, d’autres situations similaires mettent en péril le développement de l’acériculture dans différentes régions. Vice-président des Producteurs et productrices acéricoles de la Beauce (PPAB), Marcel Larochelle indique que ses membres gardent l’œil ouvert sur les opérations forestières dans le secteur de Saint-Théophile.

« La compagnie Domtar y fait des coupes forestières. On retrouve plusieurs érablières sur ces terres publiques. Jusqu’ici, il n’y a eu aucun conflit. Il y a une bonne entente sur le terrain », indique M. Larochelle.

Milieux compatibles

Comme son homologue provincial, Marcel Larochelle pense que l’acériculture et la sylviculture ne sont pas incompatibles. D’après Serge Beaulieu, la planification, la réalisation des travaux sylvicoles et la mise en marché du bois doivent être confiées aux acériculteurs.

« Les bois récoltés, payés à leur juste valeur, seraient acheminés auprès des industriels forestiers régionaux. L’industrie forestière ne subirait pas les contrecoups de ces nouvelles pratiques sylvicoles. En fait, cette pratique serait bénéfique. Les forestières n’auraient pas à défrayer des coûts pour ces récoltes et conserveraient les revenus découlant de la vente du bois », mentionne celui-ci.

Les PPAQ réitèrent donc leur demande au MFFP. « Le type de coupe envisagé ne doit pas se faire, ni au chantier Désiré, ni ailleurs au Québec. L’avenir de l’acériculture et des entreprises qui en découlent est en péril. Il y a urgence d’agir », conclut le syndicat.

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