L’engagement citoyen au cœur du développement de la société

L’engagement citoyen au cœur du développement de la société

Le président des opérations du Québec de BMO Groupe financier, Claude Gagnon, est le premier conférencier des dîners-conférences de la Chambre de commerce de Saint-Georges, présidée par Bianka Champagne.

Crédit photo : L'Éclaireur-Progrès - Sébastien Roy

Pour le président des opérations du Québec de BMO Groupe financier, Claude Gagnon, l’engagement citoyen jouera grand rôle dans le développement de la société.

M. Gagnon a livré une conférence à ce sujet dans le cadre du premier dîner-conférence de la Chambre de commerce de Saint-Georges. Environ 65 personnes l’ont écouté.

Le premier engagement qu’un citoyen peut faire est d’exercer son droit de vote. M. Gagnon déplore le faible taux de participation à la dernière élection provinciale (67,12 %).

BMO s’implique d’ailleurs avec l’Institut du Nouveau Monde, entre autres, pour sensibiliser les jeunes travailleurs sur l’importance de voter. «Il est primordial que les citoyens et les entreprises s’impliquent davantage. Nous avons tous un rôle à jouer», affirme-t-il.

Intelligence artificielle

Pour le conférencier, les changements auxquels la société devra faire face sont si importants, que les citoyens devront s’impliquer davantage pour assurer une transition économique et sociale réussie. «Nous sommes face à tellement de changements, qui sont d’une telle portée, qu’il faut s’en mêler comme citoyen. Ce sont des changements différents de ce que nous avons vécu», mentionne-t-il.

Parmi les transformations auxquelles il fait référence, il y a notamment les changements technologiques. «Jusqu’à présent, les technologies nous ont surtout permis de faire plus vite ce que nous faisions déjà: calculer plus vite, communiquer plus vite, etc.», énumère-t-il.

Selon M. Gagnon, les transformations à venir seront encore plus perturbatrices. «Les robots réaliseront 52 % des tâches professionnelles courantes dès 2025, d’après une étude du Forum économique mondial, qui affirme cependant que la révolution robotique créera 58 M de nouveaux emplois nets au cours des six prochaines années», ajoute-t-il, citant un article paru dans le journal Les Affaires le 17 septembre 2018.

«Ça, c’est la vraie révolution technologique, celle de l’intelligence artificielle. Des pans entiers de l’économie vont s’écrouler, mais des pans entiers d’une nouvelle économie vont émerger», poursuit le conférencier.

Celui-ci a également abordé le sujet des données personnelles que les compagnies comme Google, Apple, Facebook et Amazon (GAFA) amassent via leurs plateformes numériques. «Le moindre de nos mouvements, de nos achats, de nos clics est enregistré. Prenons par exemple le projet pilote de Google, Sidewalk Labs à Toronto. Google entend truffer la zone de milliers de capteurs pour enregistrer des données sur la circulation, les points de friction, les habitudes des résidents […], mais à quelle fin ? Êtes-vous prêts comme chefs d’entreprise, comme consommateurs à évoluer dans ce monde», questionne-t-il.

Sans être contre ces transformations technologiques, M. Gagnon estime qu’il faudra réglementer la gestion de données le plus tôt possible. «Je m’inquiète de l’absence d’encadrement, des empiétements sur la vie privée, des aspects éthiques», précise-t-il. «Pour que cette révolution soit un progrès, il faut la baliser.»

Changements climatiques

Au sujet des changements climatiques, M. Gagnon est d’avis qu’il faut revoir l’organisation des villes, de l’économie et des habitudes de la population.

«Les gouvernements du monde ont pris des engagements majeurs pour réduire les gaz à effet de serre. Le Québec veut réduire ses émissions de 37,5 % d’ici 2030. […] Sommes-nous prêts ? Je ne suis pas le seul à poser la question. Je ne suis pas le seul à penser que l’engagement des citoyens et des chefs d’entreprises dans la communauté est la clé pour relever le défi», ajoute-t-il.

Ce dernier fait ensuite référence au terme «postmondialisation» pour corriger les problèmes causés par la mondialisation. «L’ouverture des marchés, ça a marché. La pauvreté dans le monde a reculé. […] Cependant, ça s’est fait au prix d’un accroissement des inégalités au sein des sociétés et de la concentration des richesses. […] De plus en plus de chefs d’entreprises disent non. On ne fait pas de bonnes affaires dans des communautés affaiblies», renchérit le conférencier.

Celui-ci estime que ces changements sont d’amplitude sans précédent. «Ces changements peuvent être une formidable opportunité de croissance, comme l’intelligence artificielle, ou une menace, comme les changements climatiques. Et même une menace peut représenter un levier de développement. Le monde a besoin de solutions, d’innovations pour une économie verte», conclut Claude Gagnon.

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