Les petites résidences appelées à disparaître ?

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Par Frederic Desjardins
Les petites résidences appelées à disparaître ?
Ces jeunes ont accompagné les aînés lors d'un bingo, à la Résidence du Sommet de Saint-Zacharie. (Photo : Gracieuseté )

Depuis une dizaine d’années, de nombreuses petites résidences privées pour aînés ont fermé leurs portes. À l’opposé, la construction ou l’agrandissement de grandes résidences a connu une recrudescence.

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À Saint-Georges, Serge Poulin est propriétaire de la résidence Le Saint-Guillaume. Accueillant 260 résidents, l’établissement a vécu cinq phases d’agrandissement depuis son ouverture en 1988.

«La majorité des résidents sont autonomes. Nous avons une section pour les aînés ayant besoin de soins cognitifs. Le plus possible, on essaie de garder les couples ensemble», précise M. Poulin.

Serge Poulin est propriétaire de la résidence Le Saint-Guillaume.

Au-delà du logement et service de cafétéria, Le Saint-Guillaume offre diverses commodités aux résidents, comme une pharmacie, un salon de coiffure, une bibliothèque, des salles d’activités et de l’animation.

«C’est faux de penser que les aînés sont tous pauvres. Il y en a dans la classe moyenne et aussi des personnes plus aisées. Les résidences privées, c’est comme les hôtels avec leurs étoiles. En plus des pensions, les aînés peuvent obtenir des crédits d’impôt sur le logement», rappelle Serge Poulin.

Ce dernier croit que la plupart des petites résidences disparaîtront à court terme. Il ne remet pas la qualité du personnel en place, mais plutôt les normes de sécurité imposées par le gouvernement provincial.

«Nous-mêmes, on doit vivre avec une pénurie de main-d’œuvre. Les critères de certification pour la conformité d’un bâtiment sont devenus très sévères. Pour un promoteur, ça prend de grandes constructions pour être rentable», indique M. Poulin.

Cœur de nos villages

La Résidence du Sommet, à Saint-Zacharie, fêtera son premier anniversaire le 4 septembre. Maryan Barros et Jean-Pierre Gagné ont investi plus de 350 000 $ dans ce projet comblant la fermeture de la Résidence l’Éden, en janvier 2016, sur le même terrain.

«Nous avons 16 résidents autonomes ou semi-autonomes. J’ai travaillé longtemps avec les personnes âgées (comme préposée aux bénéficiaires). C’était un défi que nous voulions relever, mon mari et moi. J’ai un très bon personnel», dit Mme Barros.

Jean-Pierre Gagné et Maryan Barros ont ouvert la Résidence du Sommet, à Saint-Zacharie, le 4 septembre 2018.

Mis à part l’aide de travailleurs sociaux et employés du CLSC, la résidence ne reçoit aucune aide gouvernementale. Pour Maryan Barros, c’est un non-sens pour les petites résidences en milieu rural.

«Des aînés ne veulent pas aller en ville dans une grosse résidence, car ils souhaitent vivre et mourir dans leur paroisse. Le gouvernement a changé les règles, sans nous donner un coup de main, en sachant que de petites résidences fermeraient. Nos aînés passent toujours en dernier», dénonce Mme Barros.

Malgré sa petite capacité d’accueil, la Résidence du Sommet possède des aires de détente et divertissement, ainsi qu’une salle communautaire. Les résidents sont sondés afin que des activités soient conçues pour eux.

«Pour l’instant, ça va bien. Il y a toujours une crainte que ça ne marche plus. Je souhaite que les petites résidences continuent d’exister. Les loyers sont plus abordables qu’en ville», conclut Maryan Barros.

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