Les producteurs laitiers en colère

Les producteurs laitiers en colère

Quatre fermes et deux érablières ont obtenu des subventions pour améliorer le bien-être animal et l'efficacité énergétique.

Crédit photo : L'Éclaireur Progrès - Archives

Le nouvel Accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique a ouvert une nouvelle brèche dans la gestion de l’offre, ce qui est loin de plaire aux producteurs régis par ce système.

Une part de marché 3,59 % a été concédée aux producteurs laitiers américains. Selon le président de l’Union des producteurs agricoles de Chaudière-Appalaches, James Allen, les producteurs canadiens ont perdu l’équivalant de 28 jours de production en parts de marché en raison des différents accords de libre-échange signés dans les dernières années, soit le Partenariat transpacifique, l’Accord économique et commercial global et maintenant, l’Accord États-Unis–Mexique–Canada.

«On ne peut pas simplement arrêter de produire pendant ce nombre de jours. Il faut continuer de s’occuper des vaches et de les nourrir», indique-t-il.

«On vivait de notre production sans subvention. Ce que je trouve déplorable, c’est qu’on va être obligé d’avoir des subventions pour continuer à en vivre. On se trouve à taxer le lait pour que nous puissions continuer à vivre. C’est ce qui est le plus frustrant. Si au moins on était à armes égales avec les États-Unis, mais ils reçoivent des milliards avec le <@Ri> Farm Bill<@Sp>. On essaie de compétitionner avec eux, mais c’est impossible», déplore-t-il.

«La souveraineté du Canada est en jeu. Les États-Unis nous limitent dans l’exportation de solides non gras dans le monde. On ne peut même plus décider ce qu’on fait au Canada. On sera obligé de payer une taxe aux Américains si on envoie des solides non gras en Chine», dénonce-t-il également.

De plus, le président régional de l’UPA n’est pas convaincu par la volonté du premier ministre Justin Trudeau de compenser financièrement les producteurs agricoles. «Je vais le croire quand je vais le voir. Quand M. Trudeau est entré en fonction, il a mis en place un programme d’investissement [pour compenser les pertes causées par l’accord avec l’Europe]. Une poignée de producteurs en ont eu dans tout le Canada. Cela a été ridicule. Il a ri de nous en pleine face», estime M. Allen.

De son côté, le député de Beauce, Maxime Bernier, croit qu’avoir accordé une simple brèche dans la gestion de l’offre est la «pire situation pour les Canadiens». «Maintenir la gestion de l’offre est mauvais pour les consommateurs qui vont encore devoir payer plus pour le lait, les œufs et la volaille et pour les producteurs qui perdent des parts de marchés et ne peuvent innover et exporter», écrit-il sur sa page Facebook.

Le fondateur du Parti populaire du Canada ajoute qu’il aurait été préférable d’abolir complètement la gestion de l’offre. Il parle d’une «opportunité ratée d’avoir signé une meilleure entente avec les Américains».

Œufs et volaille

Les secteurs des œufs et de la volaille seront également affectés par la nouvelle entente. Des produits américains de ces deux catégories se retrouveront sur le marché canadien.

Au niveau de la volaille, les producteurs de dindes seront plus sévèrement touchés selon M. Allen. «La consommation de dindes est déjà en diminution au Canada. En ajoutant des produits américains sur le marché, ce sera encore pire», indique-t-il.

Pour ce qui est du poulet et des œufs, il explique que la situation sera «moins pire», car la consommation augmente au Canada. «Ce qui a été accordé aux Américains, c’est comme la croissance», conclut-il.

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