Les violons d’un Beauceron vendus jusqu’à Vancouver

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Par Sébastien Roy
Les violons d’un Beauceron vendus jusqu’à Vancouver
Lucas Castera a vendu deux de ses violons à Vancouver. (Photo : Gracieuseté)

Âgé de 27 ans, Lucas Castera exerce le métier de luthier. L’homme originaire de Saint-Philibert se spécialise dans la famille des violons, qui inclut évidemment le violon, mais aussi le violon alto, le violoncelle et la contrebasse.

Lucas s’est toujours intéressé à la fabrication de ce qui l’intéressait. «Quand j’étais petit, je faisais du tir à l’arc. Je voulais donc construire un arc. Puis, j’ai commencé à jouer de la guitare et du violon et c’est comme ça que j’ai décidé de me lancer dans ce domaine», explique le Beauceron qui a suivi une technique de 2010 à 2013, offerte au Cégep Limoilou, à Québec.

Maintenant, il réside à Montréal où il loue un local dans une ancienne école primaire avec plusieurs autres luthiers, dont Zacharie Rodrigue, qui est originaire de Saint-Robert. «Les relations entre luthiers sont très bonnes. C’est le “fun” de pouvoir se montrer notre travail et de s’améliorer. J’ai accès à des gens qui ont 30 ans d’expérience», mentionne-t-il.

Au cours de la dernière année, il s’est consacré presque exclusivement à la fabrication. Le jeune homme se considère chanceux jusqu’à présent puisqu’il réussit à vendre ses violons presque au fur et à mesure qu’ils sont construits. Deux d’entre eux ont d’ailleurs été vendus à Vancouver.

De plus, il réalise quelques contrats de réparation pour des ateliers qui ont une surcharge de travail. «Cela permet d’avoir une source fiable de revenus entre deux ventes», précise le jeune homme.

Même si la métropole semble représenter un meilleur marché pour un luthier, notamment grâce à la présence de plusieurs orchestres, le Beauceron n’exclut pas un retour dans la région. «Peut-être qu’éventuellement j’aimerais revenir vers la Beauce. J’ai un atelier là-bas aussi puisque je passe mes étés en Beauce», indique Lucas.

Processus de fabrication

Encore aujourd’hui, les violons sont entièrement fabriqués à main dans la plupart des cas. «Quelques fois, le travail est commencé à la machine et terminé à la main, mais il ne peut pas être entièrement fait à la machine, étant donné que tout est rond dans un violon», explique le luthier.

Deux essences de bois sont utilisées pour fabriquer un violon, soit l’érable, sauf l’érable à sucre, et l’épinette. «L’épinette est utilisée pour le dessus du violon. Le reste est fait en érable ondé. Ce n’est pas une variété de bois, mais plutôt une caractéristique qui arrive dans certains arbres. Cela crée un aspect joli, mais aussi qui est intéressant au niveau de la solidité», décrit Lucas.

Il commence en prenant une pièce de bois coupée en quartier. Puis, elle est recoupée en planches dans le sens de la fibre. «Souvent, l’arbre ne sera pas assez gros pour faire le violon en une pièce, alors on va créer un joint entre les planches», détaille-t-il.

Ensuite, vient le temps de sculpter les voûtes. «C’est à ce moment qu’on lui donne sa forme arrondie. Il n’y a donc rien de plié dans un violon, sauf les éclisses. Tout le reste est sculpté à la main», poursuit-il.

Un instrument peut donc prendre d’un à deux mois de fabrication. Les violons de Lucas se vendent au coût de 10 000 $. Il aimerait cependant offrir une gamme plus abordable avec Zacharie.

«Éventuellement, nous voulons offrir des instruments sur lesquels nous allons travailler un peu moins longtemps, mais nous pourrons les vendre à environ 5000 $», conclut-il.

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