Lettre à l’honorable Marie-Claude Bibeau, C.P., députée, ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire

Lettre à l’honorable Marie-Claude Bibeau, C.P., députée, ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire
Richard Lehoux est l'un des deux co-signataires de la lettre (Photo : Archives)

Madame la Ministre,

Permettez-nous de vous féliciter pour votre récente nomination comme ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire. Nous allons travailler ensemble et, compte tenu de l’importance du secteur agricole au Canada, nous nous attendons à ce que vous traitiez les agriculteurs, les producteurs et leurs familles en priorité dans les décisions que vous prendrez au cours de votre mandat.

Premièrement, nous vous encourageons à être une voix forte pour l’agriculture à la table du cabinet. L’agriculture et l’agroalimentaire sont uniques en ce sens que les décisions prises par d’autres ministères peuvent avoir un impact considérable sur les secteurs de l’agriculture, de l’agroalimentaire, de l’élevage et de la transformation. Qu’il s’agisse des relations mondiales, des taxes sur le carbone, des décisions prises par l’ACIA et l’ARLA sur la santé, les travailleurs saisonniers et les travailleurs étrangers temporaires, ou de la négociation d’accords commerciaux, vous devez prendre en considération les ramifications pour l’agriculture et tenir les intervenants informés. Malheureusement, cette solide présence au cabinet manquait à la précédente législature.

Vous pouvez commencer en donnant suite aux enjeux que votre gouvernement a ignorés ces quatre dernières années et qui nécessitent une attention immédiate. Il s’agit, sans nullement s’y limiter, de l’indemnisation des secteurs soumis à la gestion de l’offre, de l’élimination des obstacles commerciaux non tarifaires, de la réouverture de marchés critiques, de la réduction des taxes et des impôts, de l’amélioration de l’infrastructure de transport et du soutien aux agriculteurs et aux producteurs ayant des problèmes de santé mentale.

Il y a presque un an que le gouvernement chinois a avisé le Canada de la présence présumée de parasites dans nos exportations de canola. Depuis, votre gouvernement libéral ne fait absolument rien pour défendre notre secteur du canola, de même que nos agriculteurs et nos producteurs. Alors que le canola canadien dort dans des silos partout au Canada, la réponse de votre gouvernement est décevante. Rien n’explique qu’il ait fallu des mois pour que votre gouvernement écoute l’appel du chef conservateur Andrew Scheer à porter plainte contre le gouvernement chinois à l’OMC. Votre échec à régler cette situation coûte des milliards de dollars à l’économie canadienne et nuit aux familles agricoles.

Les conservateurs du Canada vont continuer à soutenir le secteur agricole du Canada. Il est évident que le refus de votre gouvernement de défendre le Canada sur la scène mondiale nuit à notre secteur agricole. Pour renverser cette situation, votre gouvernement doit suivre les recommandations des conservateurs et se retirer immédiatement de la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures, augmenter les inspections de toutes les importations chinoises et examiner d’éventuelles représailles tarifaires sur les importations chinoises afin d’avoir un impact maximal, tout en minimisant les risques pour les consommateurs canadiens.

Malheureusement pour le secteur agricole du Canada, le canola n’est pas le seul produit qui subit les conséquences négatives des obstacles commerciaux non tarifaires imposés sous votre gouvernement.

La Chine interdit les importations de soja canadien, l’Italie impose de nouveaux règlements sur le blé dur canadien, le Vietnam bloque les importations de blé canadien et l’Inde impose des tarifs punitifs sur les légumineuses canadiennes. Ces obstacles commerciaux nuisent non seulement à l’économie canadienne, mais aux familles agricoles partout au pays. Vous devez répondre à ces enjeux immédiatement et préciser clairement comment vous allez réparer les dommages causés par ces obstacles commerciaux.

De plus, l’incapacité de votre gouvernement à négocier sur la scène internationale nuit aux secteurs soumis à la gestion de l’offre. Lors des négociations sur l’ALENA, vous avez accordé un très grand accès aux secteurs canadiens soumis à la gestion de l’offre et vous ne donnez pas d’échéance concrète pour l’indemnisation promise. C’est inacceptable. Nous vous pressons de préciser quand les agriculteurs et les producteurs peuvent s’attendre à recevoir une indemnisation, et de vous engager publiquement à ne pas soulever la gestion de l’offre à de futures négociations commerciales.

On ne pourrait trop insister sur l’importance de bonnes relations commerciales pour le secteur agricole du Canada. Comme vous le savez, plus de la moitié des produits agroalimentaires cultivés au Canada sont exportés, faisant du secteur agricole canadien l’un des plus dépendants du commerce du monde. Ainsi, non seulement des marchés ouverts sont importants pour les agriculteurs et les producteurs du Canada, mais le transport prévisible et fiable des produits est essentiel à leur réussite. L’inaction de votre gouvernement lors de la récente grève au CN a coûté plus d’un milliard de dollars à l’économie canadienne, et il est clair que les effets de cette grève vont se faire sentir dans divers secteurs économiques clés pendant des semaines. Ces pertes seront les plus dures pour le secteur agricole, qui a déjà eu une saison de récolte difficile et qui est encore sous le choc de la perte de marchés et de l’arriéré de grain de 2017, qui ont sévi pendant des mois avant que votre gouvernement réagisse.

Pour couronner le tout, le secteur agricole doit payer votre taxe sur le carbone punitive. Cette taxe entraîne des dépenses additionnelles de centaines, parfois de milliers de dollars par mois pour les agriculteurs et les producteurs du Canada. Les problèmes posés par cette taxe n’ont jamais été plus évidents que lors de cette saison de récolte. Les producteurs tentent de faire sécher leur grain après une récolte faible et pluvieuse, ce qui crée des coûts extrêmement élevés. Cela va directement toucher le portefeuille des familles agricoles, qui auront encore plus de difficulté à exploiter leurs fermes et leurs entreprises.

Tous ces enjeux touchent non seulement les finances des familles agricoles partout au pays, mais leur santé mentale. Les agriculteurs et les producteurs subissent continuellement les effets d’enjeux politiques indépendants de leur volonté, ce qui crée une crise de santé mentale dans la communauté agricole. Nous espérons que vous prenez cette question au sérieux et comprenez que vos décisions ont de réelles ramifications pour la santé mentale des Canadiens partout au pays.

Vous pouvez montrer que vous prenez ce problème au sérieux en procédant à l’examen de la gestion des risques, qui est essentiel. C’est cependant une autre fausse promesse de votre gouvernement, car le processus stagne.

En conclusion, nos collègues conservateurs et nous allons continuer à nous battre pour notre secteur agricole et à vous demander des comptes quand vous échouez à le faire. Nous pouvons nous rencontrer le plus rapidement possible afin de discuter de ces enjeux et de faire avancer ce portefeuille de première importance.

Veuillez agréer nos salutations distinguées,

John Barlow, député, ministre du Cabinet fantôme conservateur responsable de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire

 

Richard Lehoux, député, ministre du Cabinet fantôme conservateur responsable de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire (associé)

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