Linda Lavoie reçoit un avis disciplinaire après sa sortie dans les médias

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Par Sébastien Roy
Linda Lavoie reçoit un avis disciplinaire après sa sortie dans les médias
Linda Lavoie dénonce le manque de personnel flagrant qui sévit dans le milieu de la santé. (Photo : L'Éclaireur Progrès - Andréanne Huot)

L’infirmière, Linda Lavoie, a reçu un avis disciplinaire à la suite de sa sortie dans les médias concernant les conséquences du manque de personnel au Centre intégré de santé et de services sociaux de Chaudière-Appalaches.

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La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) et le Syndicat des professionnelles en soins de Chaudière-Appalaches (FIQ-SPSCA) se sont insurgés contre cette mesure disciplinaire et demandent le retrait de l’avis.

«Cette infirmière fait aujourd’hui face à un avis disciplinaire de la part de son employeur qui fait planer au-dessus d’elle le risque de représailles futures pouvant aller jusqu’à un congédiement immédiat», est-il affirmé dans le communiqué de presse.

De son côté, le CISSS-CA explique l’avis disciplinaire en raison des «fausses informations» qu’a affirmées Mme Lavoie, par exemple en ce qui a trait au nombre de chutes. Celles-ci ont diminué de 2017-2018 (82) à 2018-2019 (64) selon les chiffres fournis par le CISSS ÇA, contrairement à ce qu’indiquait Mme Lavoie dans son témoignage.

«Madame a rapporté de faux éléments qui contribuent à inquiéter le public. Quand quelqu’un fait des affirmations qui ne sont pas justes, c’est certain qu’il y a des mesures administratives qui suivent», indique la relationniste du CISSS-CA, Mireille Gaudreau.

Pour les organisations syndicales, il est impensable que Mme Lavoie, qui travaille comme assistance supérieure immédiate de nuit au CHSLD de Beauceville, risque de perdre son emploi pour avoir dénoncé une situation de surcharge. «Le fait qu’elle soit responsable à elle seule de 108 patients la nuit — le ratio étant de 90 par infirmière — représente une situation dangereuse, tant pour elle que pour les patients à sa charge», affirme le président de la FIQ-SPSCA, Laurier Ouellet.

Celui-ci rappelle que le code de déontologie des infirmières et des infirmiers les oblige à faire ce qu’il faut pour assurer le respect de la dignité, de la liberté et de l’intégrité des patients. LA FIQ-SPSCA a d’ailleurs interpellé la Direction des soins (DIS) à ce sujet lors d’une rencontre le 3 juillet dernier.

Selon le Syndicat, la DIS n’a pas voulu créer un comité paritaire pour discuter de ces problématiques. «Au lieu de cela, la Direction des ressources humaines a poussé l’odieux d’ajouter que [Mme Lavoie] aurait pu être congédiée sur-le-champ», s’insurge M. Ouellet.

Un bâillon ?

Pour sa part, la présidente de la FIQ, Nancy Bédard, ajoute que ce genre de situation est fréquent dans le milieu de la santé. «C’est inadmissible de bâillonner par des menaces les professionnelles en soins qui s’inquiètent de la qualité et de la sécurité des soins dispensés dans le réseau», proteste-t-elle. «Il est temps que les employeurs entendent les solutions, tant celles mises de l’avant par notre organisation que celles des professionnelles en soins que nous représentons, pour améliorer le réseau de la santé.»

Sur ce point, Mme Gaudreau se défend que le CISSS-CA veule empêcher les employés de parler publiquement. «Le CISSS ne bâillonne personne. Tout le monde a le droit de s’exprimer, mais chaque employé qui constate une problématique a le devoir d’adresser ses préoccupations à l’interne», répond-elle.

«Ce n’est pas du tout la loi de l’Omerta, au contraire. Cependant, avant d’alerter l’opinion publique, il faut être certain de ce que l’on affirme», poursuit Mireille Gaudreau.

Celle-ci rappelle en terminant que quelques semaines avant le témoignage de Mme Lavoie, le CISSS-CA avait annoncé la création de 681 emplois sur l’ensemble du territoire, dont 12 préposés aux bénéficiaires, six infirmières auxiliaires et six infirmières bachelières.

«Le but est de pallier aux besoins et stabiliser les équipes pour qu’il y ait le moins de gens avec des postes volants, qu’il y ait plus de sécurité et qu’ils sachent où ils vont travailler le lendemain», conclut Mme Gaudreau.

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