Morcellement des terres agricoles : une bonne idée pour aider les petits producteurs ?

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Par Frederic Desjardins
Morcellement des terres agricoles : une bonne idée pour aider les petits producteurs ?
Hugo Laquerre et Anne Paquet, copropriétaire du Verger l'Argousière à Saint-Côme-Linière, croient fermement au modèle agricole de proximité. (Photo : L'Éclaireur Progrès - Archives)

Dans son projet de loi sur la réduction du fardeau administratif des entreprises (loi 103) présentement à l’étude, le gouvernement provincial prône notamment le morcellement des terres agricoles pour soutenir les petites fermes et la relève. Cette idée -est-elle intéressante pour revenir à une agriculture plus humaine ?

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Hugo Laquerre, copropriétaire du Verger l’Argousière à Saint-Côme-Linière, appuie totalement le gouvernement dans sa démarche. Sa conjointe, Anne Paquet, et lui ont traversé plusieurs épreuves depuis la fondation de leur ferme maraîchère en 2011 sur le rang Jersey Sud.

« Nous avons toujours préféré l’agriculture de proximité. C’est un phénomène qui prend toujours de l’ampleur. Les consommateurs achètent local et aiment venir nous rencontrer sur la ferme », souligne M. Laquerre.

Le verger compte 3 000 plants d’argousiers, un fruit peu connu il y a une décennie. Le Verger l’Argousière crée aussi des produits transformés vendus dans différentes régions du Québec.

« Acheter une terre agricole, ça ne devrait pas être seulement réservé aux gros producteurs ou ceux qui ont déjà beaucoup d’argent », affirme Hugo Laquerre, qui voit également dans le morcellement des terres une façon de revitaliser les petites municipalités.

Revoir le modèle

Dans la région, plusieurs producteurs locaux vendent leurs produits naturels ou transformés au Grand Marché Beauce-Sartigan de Saint-Georges. La présidente de la coopérative, Barbara Bourque, confirme la hausse de l’engouement pour les produits des fermes de petite et moyenne taille.

« On doit revoir le modèle agricole actuel pour lui donner une dimension plus humaine. C’est possible de gagner sa vie comme producteur avec seulement quelques acres », mentionne Mme Bourque.

Elle partage toutefois une crainte de l’Union des producteurs agricoles (voir autre texte), soit l’achat des terres agricoles non exploitées. « Tu arrives de Montréal et tu t’installes en Beauce sur une terre sans l’exploiter. Selon moi, on ne devrait pas permettre ça », indique Barbara Bourque.

Trouver l’équilibre

En 2017, Amélie Lessard et Stéphane Binette ont créé La Terre du 9 à Saint-Honoré-de-Shenley. Spécialisée dans la culture des champignons et de l’ail, l’entreprise n’aurait peut-être jamais vu le jour si le couple ne possédait pas déjà une terre et de l’expérience en agriculture.

« On n’aurait jamais eu les moyens d’acheter une nouvelle terre et d’en tirer un revenu décent. L’UPA n’a pas le choix de s’intéresser aux besoins des petites fermes. La surenchère des terres n’apportera rien de bon », pense Mme Lessard.

Passionnée par l’agriculture, Amélie Lessard croit que les petits et gros producteurs peuvent cohabiter dans un même système économique.

« Il va falloir arrêter de tirer la couverte chacun de notre côté. Tout est une question d’équilibre. Nos clients, en achetant local, en savent plus sur la provenance de leurs produits. En même temps, l’expertise des grands producteurs peut nous être utile », conclut-elle.

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