Nourrir l’humanité durablement avec les produits de chez nous

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Par Frederic Desjardins
Nourrir l’humanité durablement avec les produits de chez nous
Marcel Groleau quitte la présidence de l'UPA après dix ans à ce poste. (Photo : (Photo gracieuseté - François Démontagne))

L’Union des producteurs agricoles (UPA) tenait son congrès annuel du 30 novembre au 2 décembre à Québec. Le thème de l’événement, « Nourrir l’humanité durablement », émane d’un mouvement de la Coalition pour l’exception agricole et alimentaire coprésidée par Marcel Groleau, président général de l’UPA. 

« L’engouement citoyen pour les aliments de chez nous et la nécessité d’un système alimentaire plus durable, à l’échelle de la planète, sont à l’avant-scène. L’agriculture québécoise n’a jamais été aussi présente et dynamique sur les marchés nationaux et internationaux », affirme M. Groleau.

Malgré les exigences et contraintes engendrées par la COVID-19, les recettes financières agricoles québécoises ont atteint un niveau record de 10,3 G$ en 2020 et pourraient dépasser 11 G$ cette année. Malgré ces excellentes performances, les agriculteurs font face à des enjeux importants. 

« La forte concentration dans la transformation, ainsi que le pouvoir exercé par les grands détaillants alimentaires sur les producteurs, transformateurs et fournisseurs m’inquiètent beaucoup. Quelle sera la place de l’agriculture familiale dans cet environnement où les forces en présence sont disproportionnées ? », se questionne Marcel Groleau. 

Il espère que les travaux de développement d’un code des bonnes pratiques, entre les maillons de la filière alimentaire, corrigeront en partie la situation. 

« La Loi sur la mise en marché des produits agricoles, alimentaires et de la pêche est également un outil à la disponibilité des producteurs pour équilibrer les rapports de force dans la filière », indique le président général.

Environnement et accès aux terres 

Au moment où les attentes des consommateurs sont croissantes vis-à-vis l’industrie alimentaire, l’UPA prône des investissements majeurs du fédéral en agroenvironnement, bien-être animal et pour la réduction des GES. 

« Le soutien canadien en agroenvironnement est moins élevé que celui de nos principaux compétiteurs internationaux. Le gouvernement doit en faire plus. La plupart des pratiques agricoles bénéfiques pour l’environnement entraînent des coûts impossibles à transférer aux marchés, ce qui constitue un risque supplémentaire pour nos entreprises », rappelle M. Groleau.

L’accès aux terres agricoles est un autre enjeu pour l’UPA. « La valeur moyenne des terres en cultures a presque triplé en dix ans. Il y a des milliers de petits lots en zone agricole qui ne sont pas cultivés. Avant de faciliter encore plus le morcellement, une réflexion importante s’impose sur la protection des terres agricoles et l’accès pour la pratique de l’agriculture », indique Marcel Groleau.

Dernier congrès

Également producteur laitier à Thetford Mines, Marcel Groleau dirigeait son dernier congrès comme président général de l’UPA. Il tourne la page après dix ans à ce poste. 

« L’UPA est une grande organisation. Elle a contribué aux grands débats de la société. J’ai un énorme respect pour les producteurs agricoles. Je remercie ceux ou celles qui m’ont accompagné durant mon engagement syndical. Tant que nous allons unir nos forces, je suis confiant pour l’avenir de notre agriculture », conclut celui-ci. 

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