Des crimes de guerre des deux côtés ont pu être commis pendant la libération d’otages

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme soutient que les forces israéliennes et des groupes armés palestiniens pourraient avoir commis des crimes de guerre lors du raid meurtrier au cours duquel l’armée israélienne a libéré quatre otages, la fin de semaine dernière.

Le porte-parole du Haut-Commissariat, Jeremy Laurence, a exprimé ses inquiétudes quant à d’éventuelles violations des règles de proportionnalité, de distinction et de précaution par les forces israéliennes lors du raid de samedi contre le camp de réfugiés de Nuseirat.

Les responsables palestiniens de la santé affirment qu’au moins 274 Palestiniens, dont des dizaines de femmes et d’enfants, ont été tués au cours de cette opération.

M. Laurence a soutenu que les groupes armés palestiniens qui détiennent des otages dans des zones densément peuplées exposent la vie des civils à proximité et des otages à des «risques supplémentaires» liés aux hostilités.

«Toutes ces actions des deux parties pourraient constituer des crimes de guerre», a-t-il avancé lors d’un point de presse à Genève.

«C’était catastrophique, la façon dont cela a été réalisé, dans la mesure où les civils – encore une fois – ont été pris en plein milieu de tout cela», a ajouté M. Laurence.

Faisant allusion au «calvaire» auquel sont confrontés les otages et leurs familles, il a affirmé: «Le fait que quatre otages soient désormais libres est clairement une très bonne nouvelle. Ces otages n’auraient jamais dû être pris en premier lieu. Il s’agit d’une violation du droit international humanitaire. Ils doivent être libérés. Tous. Rapidement.»

La mission diplomatique israélienne à Genève en a profité pour critiquer le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, pour une de ses récentes déclarations.

«Il semble que le haut-commissaire ait finalement réalisé que le Hamas utilise les Palestiniens comme boucliers humains, lit-on dans un communiqué. Pourtant, au lieu d’adopter une position claire et cohérente contre cette stratégie odieuse, il prend l’habitude de calomnier Israël. Cette fois, pour avoir sauvé nos otages.»

Israël a lancé sa guerre contre le Hamas après l’attaque du 7 octobre, au cours de laquelle des combattants ont fait irruption dans le sud d’Israël, tuant quelque 1200 personnes – pour la plupart des civils – et en enlevant environ 250 autres.

Plus de 36 730 personnes ont été tuées dans la bande de Gaza depuis le début de la riposte israélienne, selon le ministère de la Santé de Gaza, qui ne fait pas de distinction entre combattants et civils dans son bilan.

Les Palestiniens sont également confrontés à une famine généralisée, parce que la guerre a largement interrompu l’approvisionnement en nourriture, en médicaments et autres fournitures.

Les agences des Nations unies affirment que plus d’un million de personnes dans la bande de Gaza pourraient connaître d’ici la mi-juillet le plus haut niveau de famine.