Emballages Mercato: le Tribunal ordonne de cesser les menaces et l’intimidation
Le Tribunal ordonne à Emballages Mercato de «cesser immédiatement toute forme d’intimidation ou de menaces» à l’endroit de ses salariés, alors qu’une campagne de syndicalisation y a été lancée.
Il ordonne aussi à l’entreprise d’emballage de fruits et légumes de «cesser immédiatement de diffuser des informations fausses, trompeuses ou dénigrantes» à propos des Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce, un syndicat affilié à la FTQ qui y mène la campagne de syndicalisation.
Le Tribunal administratif du travail ordonne également à Emballages Mercato de cesser immédiatement de s’ingérer ou d’entraver les affaires syndicales.
La juge administrative Marie-Claude Grignon a ainsi émis l’ordonnance provisoire demandée par le syndicat des TUAC et plusieurs plaignants, en attendant d’entendre la cause sur le fond.
Le Tribunal rapporte entre autres qu’un représentant de l’employeur avait réuni les travailleurs pour laisser entendre que le syndicat faisait des promesses en l’air, qu’il pouvait mentir et que sa présence dans l’entreprise pouvait même contribuer à affaiblir les conditions de travail.
L’employeur avait également resserré certaines règles et la surveillance dans l’entreprise. Selon des déclarations assermentées, une employée aurait été minutée lorsqu’elle était aux toilettes, un autre a reçu un avis de non-conformité pour avoir porté un bracelet, un autre s’est fait renvoyer à la maison pour avoir porté des lunettes teintées et un autre s’est fait demander par une superviseure s’il avait signé une carte d’adhésion au syndicat.
Aussi, l’employeur avait instauré une nouvelle directive interdisant aux salariés d’échanger entre eux.
L’employeur avait nié toute intention maligne, affirmant que, comme il oeuvre dans le domaine alimentaire, l’hygiène est fondamentale. Il avait aussi expliqué qu’il voulait veiller au bon fonctionnement de la ligne de production.
L’employeur avait aussi soutenu que l’affirmation rapportée quant à la signature de cartes d’adhésion au syndicat avait été faite sous forme de blague par la superviseure. Le Tribunal n’a pas accepté cette thèse de l’humour. «Il ne s’agit pas d’humour, mais d’une apparence d’imprudence grave dont elle ne pouvait ignorer les conséquences.»
«En apparence, il est difficile de ne pas voir de lien entre ce renforcement général des politiques et normes internes de l’employeur à compter du 3 novembre et la présence syndicale sur le terrain», écrit la juge administrative Grignon.
Elle souligne également que tout ceci arrive alors que le processus de syndicalisation est en cours et que la cohésion syndicale est particulièrement vulnérable à cette étape.
«Sans l’intervention du Tribunal, l’employeur pourrait vraisemblablement entacher la crédibilité du syndicat et poser des actions d’intimidation à l’endroit des personnes salariées», écrit la juge administrative Grignon.
Qui plus est, un nombre important de ces salariés ont un statut migratoire précaire et les sept plaignants sont des demandeurs d’asile. Le Tribunal salue d’ailleurs leur courage, dans sa décision.
