Le futur hôpital de Gatineau sera bâti sur le site Asticou, confirme Québec

Après plusieurs retournements de situation au cours des dernières années, le site du nouvel hôpital de l’Outaouais a été annoncé jeudi matin. Le ministre de la Santé, Christian Dubé, a confirmé que l’hôpital sera bâti sur le site Asticou et qu’il y aura au centre-ville de Gatineau un autre point de service.

Plusieurs députés et ministres, des gouvernements provincial et fédéral, étaient présents pour l’annonce. Le ministre des Services publics et de l’Approvisionnement, Jean-Yves Duclos, a fait savoir officiellement que le gouvernement du Canada a signé une entente de principe pour le transfert d’une partie du terrain et de l’immeuble du Centre Asticou au gouvernement du Québec dans le but d’y aménager le futur Centre hospitalier affilié universitaire (CHAU) de l’Outaouais.

Le centre hospitalier comptera 600 lits et son ouverture est prévue en 2034. M. Dubé garde toutefois espoir de pouvoir ouvrir l’hôpital en 2032 comme cela était prévu au départ. «Moi, j’ai toujours dit 2032, et je veux respecter cet échéancier. On va garder notre objectif», a dit M. Dubé.

Le point de service du centre-ville sera accessible par le transport en commun, notamment le Rapibus, et il devrait être ouvert en 2026. Il sera doté de diverses «activités cliniques à haut volume», dont un centre de prélèvement et de vaccination, certains services de première ligne et les laboratoires OPTILAB.

Dans un communiqué du cabinet du ministre de la Santé, on explique que «le projet se voit modifié afin de mieux correspondre aux attentes et aux besoins de la population de la région et de se réaliser dans les meilleurs délais pour une mise en service plus rapide pour la population».

Des études techniques sur un précédent site avaient démontré «une présence importante de biogaz, possiblement impropre à la construction d’un hôpital, conclusion qui ne pourrait être obtenue qu’après avoir commencé les travaux de construction, un risque jugé inacceptable par le gouvernement». En plus de cet enjeu, les expropriations étaient plus nombreuses qu’anticipées et il y avait une difficulté de relocaliser les entreprises.

À l’été 2022, la Coalition avenir Québec (CAQ) avait annoncé que le futur CHAU de l’Outaouais serait construit le long de la rue d’Edmonton, dans le secteur de Hull. Mais par la suite le gouvernement a reculé sur son choix.

«Il y a exactement deux ans, j’étais ici avec des collègues pour annoncer le site. Deux ans plus tard, on fait une annonce pour le même hôpital, mais sur un autre site. Qu’est-ce qui s’est passé? Ce qui s’est passé, c’est que durant les deux dernières années on a eu malheureusement plusieurs surprises sur le site et je pense qu’il faut être très transparent lorsqu’on travaille avec des milliards de dollars et lorsqu’on travaille avec des installations qui vont durer 50, 75, 100 ans», a déclaré M. Dubé en point de presse à Gatineau.

«Si à un moment donné on se rend compte qu’on n’est pas en train de prendre une bonne décision, il ne faut pas avoir peur de prendre un peu de recul. Et c’est ce qui est arrivé, on a dû reconsidérer le site.»

Des groupes civils dénoncent le site

Dans un communiqué, la Coalition pour un centre hospitalier accessible et durable en Outaouais (CCHADO) ainsi que l’Association québécoise des médecins pour l’environnement (AQME) ont dit douter de la capacité de réalisation du projet sur le site désigné.

Les deux groupes soulignent des enjeux qu’ils estiment majeurs liés à la localisation et ils croient que cela amènera le gouvernement à changer de nouveau de site. Ils notent que l’emplacement est entouré du parc de la Gatineau, ce qui soulève des problèmes d’accessibilité.

Le ministre responsable de la région de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, ne considère pas le parc comme un enjeu. «La proximité du parc de la Gatineau, il ne faut pas le voir comme un désavantage, au contraire, (…) la proximité de la nature fait aussi en sorte que les conditions de rétablissement (…) sont optimales pour les patients», a-t-il affirmé. M. Lacombe a rappelé qu’en l’agrandissant, le parc serait davantage protégé.

La CCHADO et l’AQME ont également fait valoir que la localisation excentrée pourrait avoir un impact sur l’attractivité et la rétention de la main-d’œuvre. Il pourrait aussi y avoir des enjeux d’accès aux ambulances, selon eux, et ils soulignent qu’il n’y a pas d’hôtels ou autres commodités dans le secteur pour accueillir les visiteurs.

L’organisation Vivre en ville déplore aussi le choix du site retenu. «Le futur hôpital devra être construit sur un site plus accessible, à proximité des autres services, et bien desservi en transport collectif. C’est avant tout une question d’équité pour les populations desservies. C’est aussi un enjeu fondamental pour la vitalité économique de Gatineau», a déclaré par voie de communiqué Christian Savard, directeur général de Vivre en ville.

Selon le ministre Lacombe, la décision du site d’Asticou ne fait pas l’unanimité, mais elle fait consensus auprès de la population de la région. «Arriver avec un projet comme celui-là et arriver à l’unanimité, c’est rêver en couleur. Ce qu’on doit faire, c’est bien travailler, arriver à créer un consensus où il y a une majorité de gens qui sont d’accord, et je pense que dans ce cas-ci c’est ce qu’on arrive à faire. Alors attention avant de dire que les gens ne sont pas d’accord» a répondu à la question d’un journaliste M. Lacombe alors qu’il venait d’énumérer plusieurs groupes qui les appuient.

Le site du Centre Asticou a une superficie totale de 26 hectares. De ce nombre, 17,2 hectares devraient être transférés au gouvernement du Québec d’ici le mois de décembre 2025, indique dans un communiqué Services publics et Approvisionnement Canada. Sous réserve d’approbations, les 8,9 hectares restants seraient transférés à la Commission de la capitale nationale (CCN) à des fins de renaturalisation.

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