Le secret ministériel est invoqué pour ne pas remettre des documents à la juge Hogue

OTTAWA — La conseillère à la sécurité nationale et au renseignement auprès du premier ministre affirme qu’enfreindre ou assouplir les règles qui protègent le secret ministériel dans le but de répondre à des allégations d’ingérence étrangère serait une victoire pour les acteurs malveillants qui tentent de s’immiscer dans la politique canadienne.

Nathalie Drouin témoignait jeudi devant un comité de la Chambre des communes, aux côtés du ministre des Institutions démocratiques, Dominic LeBlanc.

Les partis d’opposition voulaient demander au gouvernement libéral combien de documents il refusait de divulguer à l’enquête sur l’ingérence étrangère — et pour quels motifs précisément.

Le ministre LeBlanc et Mme Drouin ont tous deux expliqué jeudi au Comité permanent de la procédure et des affaires de la Chambre que l’enquête menée par la juge Marie-Josée Hogue avait reçu quatre longues notes de service. Mais ni l’un ni l’autre n’a voulu dire combien d’autres documents du Cabinet avaient été retenus, en vertu du secret des délibérations ministérielles.

Le député conservateur Michael Cooper a déclaré qu’il était «stupéfiant» que ce gouvernement, qui avait promis d’être ouvert et transparent avec la commission Hogue, refuse maintenant de fournir les documents dont la juge dit avoir besoin pour terminer son travail.

Mme Drouin a indiqué qu’il ne s’agissait pas d’une affaire partisane, mais plutôt d’une question de protection des outils démocratiques qui permettent aux gouvernements de gouverner.