Les autruches de Colombie-Britannique ont été abattues, confirme l’ACIA
EDGEWOOD, C.-B. — L’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) a annoncé l’abattage de toutes les autruches d’une ferme de Colombie-Britannique, conformément à un ordre d’abattage donné en raison d’une épidémie de grippe aviaire.
Dans un communiqué publié vendredi, l’ACIA a indiqué avoir fait appel à un «tireur d’élite professionnel», considérant cette méthode comme la plus appropriée et la plus humaine pour procéder à l’abattage de centaines d’oiseaux dans la ferme d’Edgewood, en Colombie-Britannique.
«Cette méthode est conforme aux recommandations de l’Association canadienne des médecins vétérinaires et de l’Association américaine des médecins vétérinaires et peut être utilisée au besoin, notamment lorsque d’autres méthodes sont impraticables», a-t-elle précisé.
Un enclos rempli d’autruches jeudi était vide vendredi, et aucune autruche n’était visible ailleurs sur la propriété.
L’enclos où ont eu lieu les tirs était en réalité rempli de longues bâches bleues recouvrant des objets au sol, eux-mêmes enveloppés de draps noirs.
Les tirs se sont poursuivis pendant des heures jeudi soir, après que la Cour suprême du Canada eut statué plus tôt dans la journée qu’elle n’entendrait pas le dernier appel des éleveurs contre l’ordre d’abattage.
L’agence, qui estimait le cheptel de 300 à 330 oiseaux, a indiqué que les tirs avaient été effectués sous supervision vétérinaire.
«L’ACIA a maintenant entamé la phase d’élimination dans le cadre de sa réponse à la maladie», a-t-elle écrit.
Un manuel de l’ACIA sur les procédures d’abattage, qui, selon l’agence, contient les «meilleures pratiques», décrit le tir comme une méthode de «dernier recours».
Les propriétaires de la ferme avaient contesté l’ordre d’abattage pendant dix mois, perdant en Cour fédérale et en Cour d’appel fédérale, tout en parvenant à retarder les abattages grâce à des sursis légaux.
Mais jeudi matin à 6 h 45, la Cour suprême du Canada a annoncé qu’elle refusait d’entendre leur ultime appel, levant ainsi tout obstacle à l’abattage.
Les coups de feu ont commencé vers 18 h, avec plusieurs tirs en succession rapide.
Janice Tyndall, 72 ans, a rapporté les avoir entendus par intermittence pendant quelques heures avant de «ne plus pouvoir les supporter» et de quitter les lieux.
Cette agricultrice de Salmon Arm, en Colombie-Britannique, était de retour dans sa voiture près de la propriété vers minuit lorsqu’elle a entendu les coups de feu recommencer.
«Je me suis dit: ‘Ils tirent encore? Comment est-ce possible?’», a-t-elle raconté.
Elle a précisé que les tirs étaient de différentes intensités, certains plus faibles, d’autres plus forts, «comme si quelqu’un utilisait une carabine de gros calibre».
À la nuit tombée, la forte luminosité des projecteurs et les ballots de paille masquaient ce qui se passait à l’intérieur de l’enclos.
Katie Pasitney, porte-parole de la ferme et mère de Karen Espersen, copropriétaire de l’exploitation, a déclaré vendredi sur Facebook: «Nous sommes anéantis et n’arrivons pas à imaginer les souffrances endurées la nuit dernière. Nous sommes incapables de nous lever.»
Les propriétaires de la ferme ont affirmé que l’abattage était inutile, car le troupeau était en bonne santé et bénéficiait d’une immunité collective, ce qui le rendait précieux pour la recherche scientifique. Ils ont demandé que les oiseaux soient testés pour détecter une éventuelle infection.
L’ACIA a refusé, arguant que des autruches d’apparence saine pouvaient être une source potentielle du virus et que laisser le troupeau en vie augmentait le risque de mutation dangereuse du virus, notamment si les oiseaux étaient exposés à la faune sauvage.
Un seul agent de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) patrouillait autour du champ vendredi matin. Le silence régnait, hormis le bruit des générateurs alimentant le matériel de l’ACIA et de la GRC autour de l’enclos.
Quelques heures plus tôt, des sympathisants de la ferme, rassemblés sur une route surplombant le champ, avaient crié à l’ACIA d’arrêter l’abattage après le début des tirs.
Janice Tyndall, qui a dit avoir visité la ferme à six reprises depuis le printemps, y compris lors de son séjour actuel de deux semaines, a affirmé avoir «ressenti chaque coup de feu» entendu pendant la nuit.
Elle a dit admirer les éleveurs, qui luttent contre les abus de pouvoir du gouvernement et l’ACIA, qu’elle juge irresponsable.
«Cela va ruiner leur vie. Ils ont besoin de beaucoup de soutien. Dieu merci, ils tiennent bon», a-t-elle affirmé.
Selon l’ACIA, les éleveurs ont droit à une indemnisation pouvant atteindre 3000 $ par autruche.
