Les chauffeurs et opérateurs de la STM votent en faveur d’une entente de principe

MONTRÉAL — Les chauffeurs d’autobus, opérateurs de métro et agents de station de la Société de transport de Montréal ont un nouveau contrat de travail, alors qu’ils ont approuvé l’entente de principe intervenue avec leur employeur.

Les syndiqués ont entériné l’entente de principe lors de deux votes tenus dimanche.

L’offre acceptée prévoit une augmentation salariale de 17,5 % sur cinq ans — soit 2,5 % en 2025, 4,5 % en 2026, 3,25 % en 2027 et 2028, ainsi que 4 % en 2029. Les travailleurs profiteront également d’un montant forfaitaire de 2,5 % pour l’année 2025.

Le syndicat qui représente les 4500 chauffeurs, opérateurs et agents de station est une section locale du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), affilié à la FTQ. C’est aussi le plus gros des six syndicats à la Société de transport de Montréal (STM).

Ses membres n’ont débrayé qu’une seule journée, le 1er novembre. Il s’agissait alors de leur première journée de grève en près de 40 ans.

Les syndiqués s’apprêtaient à débrayer de nouveau, les samedi et dimanche 15 et 16 novembre, alors qu’une entente de principe est survenue in extremis, le vendredi précédent, pour renouveler la convention collective.

Dans leur cas, le litige portait sur les salaires, les horaires et la conciliation travail-famille.

Comme il s’agit du premier syndicat à avoir conclu une entente de principe avec la STM, et surtout du plus important, la coutume veut que ce soit lui qui ait tracé la voie aux autres en matière salariale.

Le deuxième syndicat à avoir conclu une entente de principe, celui des 1300 employés administratifs et techniques — qui est aussi une section locale du SCFP — a déjà entériné son entente de principe, et ce, dans une proportion de 75 %.

La directrice générale de la STM, Marie-Claude Léonard, a déjà indiqué que son cadre financier était fixé et qu’il fallait le respecter. Ainsi, pour parvenir à obtenir des augmentations de salaire plus généreuses, les syndiqués devaient trouver des moyens pour les financer à même leurs autres conditions de travail.

D’ailleurs, lorsque l’entente de principe était intervenue avec les chauffeurs d’autobus, elle avait indiqué que celle-ci «comporte des compromis de toutes parts et respecte le cadre financier établi».

Parmi les autres gains listés par le syndicat, il y a «la création d’une banque de temps cumulé, l’ajout de temps de battement sur les lignes courtes, le paiement de l’amplitude et plus de flexibilité pour la conciliation travail-vie personnelle».

La STM est confrontée à une situation financière difficile. Mme Léonard a déjà dit devoir dégager des économies de 56 millions $ en 2026.

Dans un communiqué, le président du syndicat, Frédéric Therrien, s’est dit «satisfait du dénouement de cette ronde de négociation», mais il a dénoncé le manque de financement pour le transport en commun au Québec.

«Le nœud du problème, c’est le sous-financement. Tant que les principales personnes concernées ne feront pas du transport collectif une priorité, nous serons voués à voir l’histoire se répéter», a-t-il averti.

M. Therrien a affirmé que le syndicat continuera notamment de lutter contre «la privatisation du transport adapté de la STM».

— Avec la collaboration de Samira Ait Kaci Ali