Poilievre présentera à son retour du Michigan un plan de survie du secteur automobile

OTTAWA — Le chef conservateur Pierre Poilievre s’est rendu vendredi au Michigan pour une série de réunions. Il a promis de revenir à Windsor en Ontario dans deux jours avec les détails d’un plan qu’il qualifie de «seul espoir de maintenir notre secteur automobile au Canada».

M. Poilievre a promeut son «pacte automobile» lors d’un discours prononcé à Toronto il y a deux semaines. Il a déclaré, devant un auditoire d’hommes d’affaires, que le Canada devrait exclure les constructeurs automobiles et les véhicules chinois en échange d’un accès sans droits de douane au marché américain.

«L’idée de Mark Carney selon laquelle il va remplacer le marché américain par la Chine ou d’autres marchés étrangers pour les automobiles est une illusion. C’est impossible», a-t-il affirmé vendredi à Windsor.

M. Poilievre a indiqué que son plan harmoniserait la réglementation entre le Canada et les États-Unis et supprimerait la TPS sur les véhicules fabriqués au Canada.

Il n’a pas fourni plus de détails, mais s’est dit convaincu que «nous pouvons obtenir l’acceptation de cette proposition par les Américains».

Le chef conservateur a précisé qu’il n’avait pas encore présenté ses propositions concrètes à des chefs d’entreprise ou des responsables politiques américains, mais qu’il comptait en faire part au premier ministre Mark Carney.

«Nous avons étudié attentivement les objectifs de l’industrie automobile américaine et élaboré un plan qui nous permettra de rapatrier et d’accroître considérablement notre production automobile de ce côté-ci de la frontière, tout en la rendant attractive pour les États-Unis», a-t-il dit.

Le président américain Donald Trump et son administration ont imposé des droits de douane sur l’industrie automobile, affirmant vouloir contraindre les constructeurs à délocaliser leur production aux États-Unis.

Depuis avril 2025, les véhicules sont soumis à des droits de douane de 25 % des deux côtés de la frontière. Ce droit de douane ne s’applique qu’aux pièces non américaines des véhicules canadiens.

L’an dernier, le gouvernement libéral négociait avec l’administration Trump la levée des droits de douane sectoriels imposés à des industries comme l’acier, l’aluminium et l’automobile.

En octobre dernier, M. Trump, irrité par une campagne publicitaire contre les droits de douane menée par le gouvernement de l’Ontario, a suspendu les négociations commerciales.

Le ministre responsable du Commerce Canada-États-Unis, Dominic LeBlanc, a rencontré la semaine dernière à Washington le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, pour la première fois depuis le gel des relations commerciales.

Le cabinet de M. LeBlanc a indiqué que les discussions ont porté sur la prochaine révision de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) et sur des questions commerciales bilatérales plus générales.

M. Poilievre et trois députés conservateurs devraient rencontrer des dirigeants de Ford et de General Motors au cours de la fin de semaine, ainsi que des parlementaires de l’Ohio et du Michigan.

«Nous démontrerons que Detroit et Windsor sont toutes deux plus fortes lorsque nous commerçons ensemble», a-t-il avancé.

M. Poilievre a précisé qu’il n’avait pas pu programmer de rencontres avec Stellantis.

L’entreprise a été vivement critiquée pour sa décision de transférer aux États-Unis la production de véhicules prévue dans son usine de Brampton, qui emploie environ 3000 personnes. Elle a également vendu sa participation dans une usine de batteries pour véhicules électriques à Windsor le mois dernier.

Le syndicat Unifor, qui défend les intérêts des employés de l’usine Stellantis de Brampton, actuellement à l’arrêt, a vigoureusement plaidé pour sa réouverture. Il a également fait pression sur les différents échelons du gouvernement pour qu’ils offrent une meilleure protection aux salariés licenciés.

M. Poilievre a annoncé vendredi avoir consulté les syndicats du secteur et a affirmé qu’ils «devraient» appuyer son plan.

«Mark Carney nous conduit maintenant à perdre tout le secteur automobile, car il a en quelque sorte capitulé et concédé qu’il ne parviendrait pas à obtenir un accès sans droits de douane pour nos automobiles», a-t-il déclaré.

— Avec des informations de Kelly Geraldine Malone à Washington