Un «consortium» pour mieux lutter contre les feux de forêt au pays
Ottawa annonce la création d’un centre national visant à renforcer la préparation et les interventions face aux feux de forêt, au moment où le pays semble connaître une de ses saisons des incendies les plus dévastatrices après 2023.
Le gouvernement Carney veut investir près de 12 millions $ sur quatre ans pour l’établissement du «Consortium pour la résilience aux feux de forêt du Canada» (CRFFC).
Celui-ci servira de centre national d’excellence et de carrefour virtuel pour la mise en commun des innovations et des connaissances touchant les feux de forêt.
Il doit mettre de l’avant plusieurs mesures prévues dans la Charte de Kananaskis sur les feux de forêt approuvée lors du dernier sommet du G7. Le CRFFC doit réunir, entre autres, différents gouvernements nationaux et étrangers, ainsi que le secteur privé, des scientifiques et des experts en matière d’incendies de forêt.
«L’argent sera utilisé pour partager les connaissances, faciliter la collaboration et accélérer l’utilisation des sciences et technologies de pointe dans la prévention, l’atténuation, la préparation et l’intervention en matière d’incendies de forêt», a expliqué le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles du Canada, Tim Hodgson, en conférence de presse, vendredi après-midi.
Le CRFFC doit aussi appuyer la gestion autochtone du feu et l’utilisation culturelle du feu, dans un souci de reconnaître et de respecter le savoir autochtone à ce chapitre.
Par ailleurs, l’idée de créer une agence nationale d’intervention d’urgence responsable de gérer des catastrophes n’est pas écartée, a indiqué la ministre de la Gestion des urgences et de la Résilience des communautés, Eleanor Olszewski.
«Notre ministère mène actuellement des discussions. Les discussions que nous avons eues nous montrent que la création d’une telle agence pourrait avoir un impact très positif sur notre capacité à coordonner la manière dont nous répondons aux catastrophes nationales dans l’ensemble du pays», a-t-elle déclaré.
Un représentant à la Sécurité publique du Canada a indiqué que les catastrophes «dépassent la capacité de notre système de gestion des urgences».
Selon Matthew Godsoe, directeur principal du centre des opérations du gouvernement, le statu quo n’est plus possible, puisque cela équivaut à en faire moins.
Des changements au niveau du gouvernement ainsi que des investissements soutenus sont nécessaires, a-t-il affirmé, lors d’une séance d’information technique pour informer les médias de l’état des feux de forêt, avant la conférence de presse.
5,5 millions d’hectares brûlés
Le ministre Hodgson a indiqué qu’il y a eu plus de 3000 incendies de forêt jusqu’à maintenant cette année. En date de vendredi, 561 feux de forêt brûlaient au Canada, a ajouté la ministre Olszewski.
Selon des données du gouvernement fédéral, jusqu’à présent, environ 5,5 millions d’hectares ont brûlé en raison des incendies de forêt qui font principalement rage dans l’ouest du pays en ce moment.
Il s’agit d’une des superficies cumulées les plus élevées pour cette période de l’année, tout juste après la saison record de 2023, ou proche de la superficie brûlée en 1995 à pareille date, a indiqué un représentant du Service canadien des forêts, Michael Norton.
Il a dit que les provinces des Prairies ont connu une forte activité de feux de forêt à la fin du mois de mai et au début de juin. La Saskatchewan connaît même sa saison la plus importante jamais enregistrée en ce qui concerne le nombre de personnes évacuées et l’une des années où la superficie brûlée est la plus élevée.
Les renforts pour aider à combattre les feux viennent d’un peu partout en ce moment: plus de 530 pompiers en provenance de l’Australie, du Costa Rica, de Nouvelle-Zélande, du Mexique et des États-Unis ont été mobilisés.
Les Forces armées canadiennes ont été déployées ces derniers jours au Manitoba pour soutenir les opérations d’évacuation. Le Québec avec la SOPFEU a également prêté main-forte à plusieurs provinces.
L’activité des feux de forêt continuera d’être importante alors que la saison est entrée dans la période la plus active pour les incendies, a mentionné M. Horton.
Le danger d’incendie et l’activité des feux «restent élevés» dans l’Ouest canadien où les conditions ont été les plus sèches, a mentionné M. Norton.
«Il y a des incendies actifs ou un danger d’incendies du Yukon jusqu’au nord-ouest de l’Ontario, sur une grande partie de la Colombie-Britannique, de l’Alberta, de la Saskatchewan et du Manitoba. Des conditions qui devraient se poursuivre tout au long du mois», a fait savoir le fonctionnaire.
Le risque d’incendie le plus élevé actuellement au pays se trouve aux Territoires du Nord-Ouest en raison de la sécheresse persistante, a-t-il précisé.
En ce qui a trait au mois d’août, il y a un potentiel d’incendie plus élevé que la normale, a indiqué M. Norton.
