Aide médicale à mourir : lettre aux ministres fédérales de la Justice et de la Santé

Aide médicale à mourir : lettre aux ministres fédérales de la Justice et de la Santé

Yvon Bureau.

Crédit photo : Gracieuseté

Le dernier Oui, souhaitable mais non obligatoire

 Je fais suite à vos refus de donner suite positivement à la demande de madame Audrey Parker, de la Nouvelle-Écosse, décédée prématurément le 1e novembre dernier, avec aide médicale à mourir (AMM).

 D’accord pour attendre le rapport du Conseil des académies canadiennes sur la possibilité d’inclure ou pas la demande de l’AMM dans les directives médicales anticipées.

Cependant, je ne suis PAS D’ACCORD du tout pour un refus d’ordre mineur vs la Loi et majeur pour la personne ayant reçu le OK pour l’AMM.

 Par compassion, par solidarité et même par protection de la personne vulnérable, l’acceptation de l’AMM et les Oui répétés jusqu’à la perte de l’aptitude à dire le Oui final devraient suffire. Bref, dans cette situation, le Oui ultime devrait être souhaitable mais non obligatoire. Ajoutons en plus que les madame Parker de ce monde pourraient désigner un mandataire spécifiquement pour affirmer ce Oui au cas où l’aptitude aurait perdu vie.

 Mesdames les ministres fédérales de la Justice et de la Santé, j’en appelle à votre compassion, à votre solidarité et à votre protection des plus vulnérables. La sérénité de ces personnes éclairées et libres en fin de vie en dépend tellement. Ouvrez pleinement votre cœur svp.

 Bien plus. Invitez donc le PM Trudeau à demander MAINTENANT l’avis de la Cour suprême du Canada sur sa Loi C-14/Aide médicale à mourir. Vous prendriez beaucoup plus soin et des finissants de la vie ou rendus à la fin de leur vie ainsi que de leurs proches et soignants. Ces médecins-infirmiers-travailleurs sociaux-pharmaciens… ont tellement besoin d’une clarté juridique optimale; le flou juridique actuel les épuise et les décourage cruellement. Aussi, vous mettriez fin à la discrimination des personnes rendues à la fin de leur vie, les Grandes souffrantes aptes, obligées à cesser de boire-manger, à demander meurtre par compassion d’un proche, à se suicider, à cesser la prise de médicaments contre les douleurs et les souffrances, à quitter péniblement le Canada pour aller en Suisse y finir leur vie, loin de leurs villes, de leurs proches et de leurs soignants. Une honte, mesdames les ministres.

 De grâce, nous vous en prions, humanité oblige, ne faites pas de petite et de basse politique en attendant après les élections pour demander cet avis à la CSC sur C-14.  De grâce, rendez publique le Rapport du Conseil des académies canadiennes, en décembre 2018. De grâce, ne nous servez plus l’argument de la protection des plus vulnérables; ici, cet argument est anémique et en phase terminale.

 Je vous adresse cette lettre avec le poids de mes 34 années de promotion des droits, des libertés et des responsabilités de la personne éclairée et libre en fin de SA vie. Je le fais aussi en comptant beaucoup sur le nouveau Gouvernement du Québec et sur les corporations professionnelles concernées.

 Cordialement,

 Yvon Bureau, travailleur social, consultant bénévole pour un mourir digne et libre

Poster un Commentaire

avatar