Plaidoyer pour une intervention gouvernementale

Eric Gourde
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Plaidoyer pour une intervention gouvernementale
Le conflit perdure chez Olymel à Vallée-Jonction, les deux clans étant loin de partager la même vision. (Photo : La Voix du Sud - Éric Gourde)

Pendant que les Éleveurs de porc sonnent l’alarme, le président de l’Union des producteurs agricoles du Québec (UPA), Marcel Groleau, souhaite rien de moins qu’une intervention gouvernementale dans le conflit chez Olymel à Vallée-Jonction.

Lundi, les Éleveurs de porcs demandaient à ce que les parties du conflit de travail chez Olymel reprennent les négociations dès l’après-midi, redoutant les effets des chaleurs prévues au cours de la semaine.

Pour Marcel Groleau, le gouvernement doit forcer les partis à négocier ou imposer le retour au travail, tout simplement. « J’étais certain que la proposition du conciliateur serait entérinée par les deux parties la semaine dernière, après plus de trois mois de grèves. Les producteurs ont été très patients -là-dedans. »

Sans savoir quelle forme pourrait prendre le retour au travail des employés, Marcel Groleau estime néanmoins que le retour au travail presse. « On pourrait déterminer une convention qui va s’appliquer un court moment, le temps que la négociation se poursuive. À titre d’exemple, le gouvernement pourrait dire, par décret, voici la convention qui va s’appliquer à compter de maintenant et vous avez six mois pour vous entendre. Ce n’est pas au gouvernement à dicter les règles sur ce qui va se passer dans cette usine à long terme, mais à court terme, après trois mois de négociations infructueuses entre deux partis qui ont sûrement leurs raisons de prolonger le conflit, je pense qu’on est rendu là. »

Des effets néfastes chez les producteurs

Pour le président de l’UPA en Chaudière-Appalaches, James Allen, ces conséquences ont déjà des effets chez les producteurs. Le gaspillage alimentaire potentiel serait davantage nocif, à ses yeux. « Si on doit euthanasier des animaux, c’est la santé psychologique de ces producteurs qui risque d’être touchée, surtout que plusieurs doivent travailler d’arrache-pied en raison du conflit, à la fois sur le bien-être animal et parfois sur la réparation de leurs installations. »

Sans vouloir prendre parti, James -Allen juge la situation préoccupante, surtout que le conflit chez Olymel est le deuxième du genre dans la région, après celui chez Exceldor à Saint-Anselme. Il y a beaucoup de transformation alimentaire dans la région. La concentration de cette transformation alimentaire en Chaudière-Appalaches est peut-être ce qui explique certains irritants, selon lui.

« En réfléchissant à haute voix, Exceldor à Sainte-Anselme est l’une sinon la plus importante usine de transformation dans le poulet au Québec. L’usine d’Olymel à Vallée-Jonction, c’est la même chose pour la transformation du porc. Pour des questions de rentabilité, il était légitime de concentrer davantage, mais peut-être qu’on a exagéré », explique-t-il, ajoutant que d’autres entreprises de transformation alimentaire sont aussi établies dans la région, citant en exemple Lafleur à Saint-Henri, duBreton à Saint-Bernard, Kerry à Sainte-Claire et autres.

Lundi matin, le ministre du Travail, Jean Boulet, s’est limité à dire qu’il avait confiance aux équipes de conciliation actuellement en place. Il observe toutefois les conséquences que le conflit cause. « Le conflit engendre des répercussions désastreuses à la fois pour les éleveurs et les consommateurs. Déjà, ils en subissent les impacts économiques. Nous ne pourrons accepter qu’il y ait du gaspillage alimentaire. Les parties doivent régler rapidement ! », a-t-il résumé.

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