Problématiques de santé mentale: les policiers interviennent de plus en plus

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Par Andréanne Huot
Problématiques de santé mentale: les policiers interviennent de plus en plus
Dans les dernières années, plusieurs interventions ont eu lieu pour des personnes en crise et désorganisées, dont une à Beauceville en novembre 2019. (Photo : L'Éclaireur Progrès - Archives)

Alors que l’Union des municipalités du Québec (UMQ) participait, le 26 novembre dernier, aux audiences publiques du Comité consultatif sur la réalité policière, il a été possible d’apprendre que les interventions des différents corps policiers pour des problématiques de santé mentale sont en augmentation partout au Québec.

Selon le mémoire sur la réalité policière de l’UMQ, le taux de criminalité a diminué de 36 % dans la dernière décennie, mais les interventions policières sont en augmentation. « De façon générale, on note que les déplacements policiers en lien avec la criminalité ont représenté 30 % du nombre total de déplacements durant l’année 2018, alors que ceux non liés à la criminalité (problèmes de santé mentale, détresse, suicide, schizophrénie, itinérance, etc.) ont représenté 70 % du total et sont en forte progression », indique l’UMQ, montrant en exemple la ville de Longueuil.

Qu’en est-il dans notre région ? Les données fournies par la Sûreté du Québec sont très différentes de ce portrait dressé par l’UMQ (voir tableau). Dans les cinq MRC couvertes par l’Hebdo régional, Beauce-Sartigan, Robert-Cliche, La Nouvelle-Beauce, Bellechasse et Les Etchemins, le pourcentage des interventions reliées à des problématiques de santé mentale représente en moyenne 3,57 % en 2017, 3,67 % en 2018 et 3,69 % en 2019. En 2020, ce pourcentage est de 3,92 %. Cependant, les données de 2020 ont été compilées jusqu’au 30 septembre.

Les policiers présents dans nos régions répondent donc à beaucoup moins d’appels relatifs à des problématiques de santé mentale que ceux présents dans les régions plus densément peuplées.

Les policiers s’adaptent à cette réalité

La Sûreté du Québec, présente partout dans nos régions, a mis en place dernièrement une nouvelle formation pour ses agents, intitulée Réponse état mental perturbé (REMP), indique le coordonnateur du Service des communications et de la prévention, Benoit Richard.

« On vient de commencer à la donner et on vient de finir les groupes tests. Nous sommes à l’étape de donner l’information aux instructeurs pour un déploiement au cours des cinq prochaines années », ajoute-t-il.

La formation est composée d’une partie en ligne ainsi que de deux jours en présentiel. « On a revu la façon de faire en santé mentale. On a révisé les documents d’encadrement l’an dernier pour mettre en place la nouvelle formation cette année. L’idée, c’est de ramener l’intervention autour de notre rôle. Donc, on s’assure de sécuriser l’ensemble des intervenants quand on arrive sur place. Une fois sécurisé, c’est de tenter par différentes approches de désamorcer la crise. Si la personne met clairement en danger sa vie ou celle de quelqu’un d’autre, on va intervenir et conduire cette personne dans un centre hospitalier », explique M. Richard.

Service d’aide en situation de crise

Pour l’instant, 70 % des policiers de la Sûreté du Québec ont la formation en désescalade offerte par l’École nationale de police, souligne le policier. Ces derniers ont un cadre de référence précis dans lequel ils doivent intervenir.

« Dans 90 % des dossiers, on sécurise les lieux et on fait appel aux Services d’aide en situation de crise (SAS) pour faire l’évaluation du dossier. […] Nos pouvoirs d’intervention arrivent seulement lorsque le Service d’aide en situation de crise en décide ainsi. C’est également eux qui déterminent s’il y a un danger grave et immédiat pour la vie de la personne ou autres. Ce sont aussi eux qui décident si l’on doit transporter la personne à l’hôpital ».

Le SAS est disponible dans toutes les régions du Québec par le biais du 811. Des professionnels peuvent donc faire une évaluation à distance.

Rappelons que la Sûreté du Québec a commencé à compiler les statistiques sur les appels et les interventions en santé mentale en 2015.

Nombre de cartes d’appels, interventions en santé mentale et pourcentage des interventions en santé mentale
MRC 2017 2018 2019 2020 *
Beauce-Sartigan 9 346 – 354 – 3,79 % 10 058 – 416 – 4,14 % 10 020 – 403 – 4,02 % 7 441 – 370 – 4,97 %
Robert-Cliche 2 412 – 97 –

4,02 %

2 633 – 128 – 4,86 % 2 632 – 108 – 4,01 % 2 158 – 71 –

3,29 %

La Nouvelle-Beauce 4 880 – 182 – 3,73 % 6 118 – 208 –

3,4 %

6 450 – 239 – 3,71 % 4 495 – 173 – 3,85 %
Bellechasse 4 766 – 143 –

3 %

4 985 – 139 – 2,79 % 5 120 – 175 – 3,42 % 4 191 – 139 – 3,32 %
Les Etchemins 2 796 – 86 –

3,08 %

2 687 – 81 –

3,01 %

2 855 – 74 –

2,59 %

2 498 – 61 –

2,44 %

Total 24 173 – 862 – 3,57 % 26 481 – 972 – 3,67 % 27 077 – 999 – 3,69 % 20 783 – 814 – 3,92 %

*Les données pour l’année 2020 sont compilées en date du 30 septembre 2020

Source: Sûreté du Québec

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