Production forestière essentielle pour l’économie et l’environnement

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Par Frederic Desjardins
Production forestière essentielle pour l’économie et l’environnement
Nicole Doyon, directrice générale de Bechedor (Photo : L’Éclaireur Progrès – Frédéric Desjardins)

Connaissez-vous le fonctionnement d’une pépinière ? Il existe seulement 19 pépinières au Québec, Bechedor étant la seule entreprise du genre en Chaudière-Appalaches.

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Existant depuis 37 ans, Bechedor possède deux sites de production. Les terrains principaux, à Saint-Prosper, comprennent 68 terres froides (tunnels) pour la production de plants en récipients. Cinq autres tunnels seront fonctionnels à court terme.

L’autre site, à Saint-Benjamin, sert à la production de plants à racines nues. Pour l’ensemble de l’entreprise, la production actuelle est de 160 000 plants quotidiens sur 30 jours, soit cinq millions par année.

«À 75 %, le ministère des Ressources naturelles du Québec (MRNQ) est notre principal client. Le reste de la production regroupe les sapins de Noël et les cèdres vendus à différentes entreprises, comme des grossistes ou des centres jardins», mentionne la directrice générale, Nicole Doyon.

Les plants poussent dans un terreau recouvert de silice (quartz).

Comme plusieurs autres pépinières, Bechedor a été créé au début des années 1980 pour régler des problèmes de déforestation. Ceux-ci étaient notamment reliés aux feux de forêt, à l’épidémie de la tordeuse des bourgeons de l’épinette, ainsi qu’au reboisement tardif ou absent des industries forestières et papetières.

«Au Québec, 80 % des forêts se trouvent sur des terres de la Couronne, donc elles appartiennent au gouvernement. Dans une pépinière, la production est ajustée selon les besoins des essences pour chaque territoire», dit Mme Doyon.

Étapes à suivre

Au niveau des plants en récipients, Bechedor cultive de l’épinette (blanche, noire, rouge) et du pin (rouge, blanc, gris) pour le MRNQ.

«Le ministère fournit les semences selon la région à laquelle sont destinés les arbres. Tout est analysé en laboratoire par le MNRQ, car un arbre ne pousse pas de la même façon en Beauce et au Saguenay-Lac Saint-Jean par exemple», dit Nicole Doyon.

La chaîne d’empotage comprend cinq étapes. Chaque récipient en plastique (25 trous) est rempli avec du terreau et des semences, recouvert de silice, puis arrosé avant leur transport dans les tunnels. Ce concept amalgame la machinerie et le travail manuel.

Cette photo montre une épinette de trois ans, prête à la vente.

«Les plants sont ensuite traités avec de l’herbicide et arrosés fréquemment. Nous ne les recouvrons pas en hiver, car ils sont protégés par la neige.

On crée les racines et le tronc avant que soit transplanté l’arbre dans son milieu. Environ 70 % de notre production se ramasse à Québec, Charlevoix et dans Chaudière-Appalaches», précise Nicole Doyon.

Début de la chaîne

Chaque cycle mènera ultimement à un plant de trois ans, ces derniers étant placés dans des tunnels distincts au fil de leur croissance. Les conifères sont ensuite vendus en palettes au MNRQ.

Destinés au secteur privé, les cèdres sont empotés manuellement, tout en restant à l’air libre. C’est à Saint-Benjamin que Bechedor fait pousser les sapins Baumier, Fraser et Cook pour les arbres de Noël. Lors de notre passage, les employés s’affairaient à planter les pousses avec un tracteur.

«Nous sommes le début de la chaîne du reboisement au Québec. Notre travail est souvent méconnu, mais essentiel pour le développement durable», d’ajouter Nicole Doyon.

Bechedor est possédé par trois groupements forestiers. Celui de Dorchester (Saint-Prosper) est propriétaire majoritaire (85 %), le reste de l’entreprise appartenant équitablement à ceux de Beauce-Sud (Saint-Martin) et Chaudière (Saint-Victor).

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