La saison de la chasse approche à grand pas

FORÊT. La saison de la chasse battra son plein dans quelques jours à peine dans la région, alors que certaines zones seront prises d’assaut par les amateurs. Les premiers élans des chasseurs seront possibles à partir du 4 octobre prochain avec cinq jours dédiés à l’orignal, de même qu’une première période pour le chevreuil dans la zone 3.

La région de Chaudière-Appalaches comprend toutefois quatre sous-zones de chasse distinctes, la 3 Ouest, la 3 Est, la 4 et la 7 Sud.  Chaque sous-zone possède sa propre réglementation, incluant des dates de chasse qui varient selon les espèces. C’est pourquoi les chasseurs doivent consulter les dates applicables à leur secteur de chasse.

On connait toutefois quelques règles déjà établies pour cette année. Pour l’orignal, comme en 2024, il est interdit de chasser la femelle et le faon dans la zone de chasse 3. Pour le cerf de Virginie, il n’y a aucune modification à la réglementation cette année. Relativement au dindon sauvage et pour une deuxième année, la chasse automnale est offerte dans la zone 3. Cette saison s’étend sur sept demi-journées avec une limite de prise d’un dindon, avec ou sans barbe.

Biologiste et responsable régional de la gestion de l’orignal, du cerf de Virginie et du dindon sauvage à la Direction de la gestion de la faune Capitale-Nationale – Chaudière-Appalaches, Alexis Grenier-Potvin s’attend à une autre saison productive en Chaudière-Appalaches puisque les données suggèrent que la population d’orignaux de la zone de chasse 3 est relativement stable depuis les cinq dernières années, même si elle demeure à un niveau bas comparativement au 25 dernières années et malgré les mesures de gestion en place depuis 2018.

« Les deux zones 3 sont des endroits où il y a une très forte pression de chasse. On observe une certaine diminution ou une stabilité, alors qu’on aurait pu observer des augmentations. On agit avec prudence et nos actions visent à stabiliser les choses pour une tendance vers la hausse », observe-t-il.

En effet, les données et les suivis disponibles suggèrent une diminution de la productivité de cette population et une augmentation des effets des parasites, tels que les tiques d’hiver, et de maladie (telle que le ver des méninges) depuis les 20 dernières années. « On peut contrôler la pression de la chasse sur les cheptels, mais les parasites semblent avoir déclenché la décroissance. La tique cause une mortalité des veaux à la fin de l’hiver, en raison de leur état anémique. Ces veaux ne sont pas là pour regarnir le cheptel, notamment. »

Les populations de cerf de Virginie sont abondantes dans la région de Chaudière-Appalaches. Cela s’explique notamment par une succession d’hiver moins rigoureux et une gestion adéquate de l’espèce. « Les ravages se sont bien maintenus, le cerf est abondant dans votre région, et tous nos indicateurs pointent vers le vert », ajoute M. Grenier-Potvin qui précise que les zones 3 Ouest et Est ont enregistré, en 2024, des records historiques pour la récolte et le succès de chasse, signe d’excellente santé du cheptel. 

Grenier-Potvin observe, par ailleurs, que les populations de dindon sauvage sont maintenant très bien implantées dans la région de Chaudière-Appalaches. Plusieurs secteurs offrent des populations abondantes aux chasseurs et aux chasseuses. Pour la zone de chasse 3, le Ministère a enregistré un bilan positif à la suite de la mise en place de modalités davantage permissives à partir de 2024. « Les agriculteurs vivent des problématiques à l’occasion et on tente de les accompagner là-dedans. Les populations vont bien, mais ça amène des adaptations pour d’autres », résume-t-il.

Quant aux différents prédateurs œuvrant dans la région, le coyote semble être devenu le principal rival des populations de dindons et de chevreuils. « Quand leur ressource augmente, il est naturel que celle des prédateurs fasse de même. On n’en voit pas trop pour l’instant. Pour l’orignal, sur la Rive-Sud, il n’y a pas de loups et le coyote n’est pas un prédateur de l’orignal. On n’anticipe donc pas d’impact sur cette espèce. »

Par ailleurs, afin de documenter la dynamique de reproduction des orignaux de la zone 3, le Ministère lancera un projet impliquant la participation des citoyens l’hiver prochain et visant à évaluer le taux de gestation des femelles.