Prêt pour la chasse ?
CHASSE. La saison de chasse approche et les pronostics des spécialistes laissent entrevoir une récolte intéressante pour la plupart des espèces.
Biologiste au ministère de la Faune et des Parcs, Alexis Grenier est d’avis que la prochaine saison permettra une bonne récolte, autant pour le cerf de Virginie que l’orignal. « L’an dernier fut une bonne saison pour l’orignal. Le bilan de la récolte démontre que la stabilité est bien présente depuis 2019. On vise encore des augmentations de cette population et on anticipe une saison relativement similaire à l’an dernier. »
Visiblement confiant, il ne s’attend pas à une diminution de la récolte, même si certains facteurs nuisent à son évolution. « Pour l’orignal, la tique peut toujours nous jouer des tours, mais il est trop tôt pour en connaitre l’étendue à l’heure actuelle. Pour le chevreuil, la récolte était dans des sommets historiques avec la zone 3 et élevés dans la zone 4, l’an dernier. L’hiver dernier a été moyen, ce qui laisse aussi prévoir une stabilité dans la saison de chasse, malgré une augmentation de la présence de coyotes. On ne voit pas de signes que la présence de prédateurs a un impact négatif sur les populations », assure-t-il.
L’arrivée d’un nouveau plan de gestion de l’orignal vient sécuriser les cheptels existants, indique M. Grenier. « Le gros changement dans les zones 3 et 7 est l’émission de permis spéciaux pour la récolte d’orignaux sans bois. La chose permettra la récolte de femelles et de veaux, ce qui n’était pas possible dans la zone 3 depuis quelques années. Ce sont de nouvelles opportunités de chasse, mais de façon contrôlée », résume-t-il.
Il ajoute que la chasse d’automne au dindon sauvage n’est pas très courue encore, sauf qu’elle offre de belles possibilités aux intéressés. « Il y a une période à la fin octobre qui offre d’autres opportunités, notamment celle de récolter un dindon sans barbe, donc une femelle vraisemblablement. Ce n’est pas encore très populaire, mais les gens peuvent s’y intéresser. »
M. Grenier rappelle que les saisons de chasse sont basées sur la saison de reproduction, et que cet aspect n’est pas touché par l’évolution des saisons et du climat.
La récolte des dents ?
À l’approche de l’ouverture de la chasse à l’orignal, la Direction régionale de la gestion de la faune fait appel aux chasseurs des zones 3, 4, 7 et 27 pour prélever une paire de dents des orignaux qu’ils récolteront, afin de déterminer leur âge.
Que les citoyens soient devenus les collaborateurs du Ministère n’est pas une chose nouvelle, mais de plus en plus fréquente, explique le biologiste. « Avant, nous étions en enregistrement physique et nous récoltions les dents sur place. 95 % des chasseurs ne viennent plus de façon physique. Aujourd’hui, les gens peuvent enregistrer à partir de leur cellulaire, alors on doit se réinventer », ajoute M. Grenier.
« Ça nous permet de savoir si notre population est en train de vieillir ou si, au contraire, elle rajeunit. C’est une aiguille dans notre tableau de bord pour la gestion de la population », précise-t-il.
Globalement, le Ministère a besoin des dents d’orignaux adultes de tous âges, mâles et femelles, afin d’obtenir des données de qualité pour la gestion de la population. « Ce simple geste offrira aux biologistes de précieux indicateurs, qui leur permettront d’évaluer si les modalités de gestion en place sont suffisamment efficaces pour garantir une récolte soutenue et favoriser la pérennité de la chasse à long terme. C’est pour cette raison que l’aide des chasseurs est sollicitée. »
L’objectif de la démarche est de faciliter la tâche du chasseur, notamment pour récupérer une trousse d’échantillonnage ou pour déposer son échantillon à un point de dépôt, auprès du Ministère.
