Travailleurs temporaires : une main-d’œuvre cruciale pour les entreprises agricoles

Travailleurs temporaires : une main-d’œuvre cruciale pour les entreprises agricoles
Qualfred Escobar et Delbert Eduardo Ramirez Cruz. (Photo : L'Éclaireur-Progrès - André Boutin)

AGRICULTURE. > C’est une évidence : plusieurs entreprises agricoles de la région seraient en manque de main-d’œuvre critique sans la présence des travailleurs étrangers temporaires.

La pandémie a bien failli créer une pénurie en empêchant cette précieuse force de travail de traverser les frontières pour venir aider les producteurs du Québec et de la Chaudière-Appalaches.

Nous avons fait la connaissance de Cesar, Qualfred et Delbert Eduardo qui travaillent tous les trois à Saint-Hénédine sur l’une des fermes porcines de Puriport appartenant au Groupe Parent de Saint-Bernard. Dans une discussion qui mélangeait le français et l’espagnol, parfois même les deux langues en même temps, ils nous ont raconté leurs parcours.

Cesar Ponce.

Originaire de Lima, la capitale du Pérou, Cesar Ponce, 40 ans, travaille comme meunier et terminera son année de contrat en juin prochain.

Il explique, avec les quelques notions de la langue de Molière qu’il maîtrise, que son diplôme d’ingénieur mécanique ne lui est d’aucune utilité dans son pays où le travail se fait rare. Il a donc appris le métier de meunier.

C’est donc à ce titre qu’il a été recruté puisque Puriporc possède une petite meunerie à son installation de Sainte-Hénédine. Cesar apprécie grandement son passage dans la Beauce. Et comme il est célibataire et sans grande attache familiale, il n’est pas dit qu’une fois de retour dans son pays, il fasse une nouvelle demande pour revenir.

L’ennui de la famille

Qualfred Escobar, lui, est un habitué des contrats au Québec puisqu’il en est à sa cinquième visite chez nous. Âgé de 30 ans, marié et père de deux filles, il ne cache pas qu’il s’ennuie souvent de sa famille. D’ailleurs, lorsqu’on lui parle de ses niñas, il écarte les mains pour montrer qu’il les prendrait volontiers dans ses bras. «Mais c’est pour leur assurer une meilleure qualité de vie que j’accepte de m’exiler ainsi», confie-t-il.

Il faut savoir que dans son pays, le Guatemala, il devrait travailler pendant sept ans pour recevoir le même salaire qu’un an ici au Québec. «Dans mon pays, une très longue journée de travail dans une entreprise agricole rapporte à peine 10 $».

Quant à son compatriote guatémaltèque Delbert Eduardo Ramirez Cruz, il a quitté la ville de Jutiapa, situé à 125 kilomètres à l’est de la capitale Guatemala City, pour un contrat de deux années. Il en est à son second passage au Québec.

Ils ont tous les deux eu peur que la pandémie les empêche de prendre l’avion pour le Québec. «Il y avait les règles du Canada, mais aussi celles du Guatamala, comme des examens de santé, des formulaires à compléter, etc.», explique Qualfred qui vient tout juste de terminer sa période de quarantaine et qui est content que tout se soir passer sans anicroche.

L’importance des travailleurs étrangers

Selon Maxime Racine-Labbé, directeur de production chez Puriporc, « de nombreuses entreprises agricoles de la région ne peuvent se passer de la main-d’œuvre en provenance de l’Amérique latine ».

Actuellement, l’entreprise emploie une demi-douzaine de travailleurs étrangers, un nombre équivalent aux années précédentes. « Nous avons eu une excellente collaboration de la firme Arimé qui a réussi à noliser des avions avec des travailleurs malgré la pandémie ».

 

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