Un archetier beauceron témoigne de sa passion

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Par Sébastien Roy
Un archetier beauceron témoigne de sa passion
Zacharie Rodrigue s’est spécialisé dans la fabrication d’archets pour les instruments de la famille des violons. (Photo : Gracieuseté)

Luthier de formation, Zacharie Rodrigue s’est spécialisé dans la fabrication d’archets pour les instruments de la famille des violons.

Il travaille actuellement à son compte dans un atelier à Montréal qu’il partage avec plusieurs autres luthiers, dont Lucas Castera. «Je fais quelques contrats de réparation en sous-traitance, mais je fais principalement de la fabrication d’archets», indique-t-il.

«Lucas et moi avons aussi commencé à travailler ensemble pour fabriquer des violons. Nous voulons offrir une gamme de violons plus abordable», poursuit-il.

Celui qui est né à Beauceville et a grandi à Saint-Robert a toujours été attiré par le travail manuel. «J’ai toujours eu l’habitude de vouloir fabriquer mes choses», mentionne le Beauceron.

Vers l’âge de 10 ans, il a commencé à jouer de la guitare. «J’ai ensuite voulu me fabriquer une guitare vers 14 ou 15 ans. C’est ce qui m’a poussé à aller étudier en lutherie au Cégep Limoilou, à Québec», se rappelle le jeune homme.

Au départ, il avait choisi l’option guitare, mais il a changé en cours de route pour l’option violon. «Ça m’intéressait davantage comme type de fabrication. On nous montrait beaucoup comment utiliser des machines-outils pour fabriquer des guitares, alors que j’avais un plus grand intérêt à travailler avec des outils manuels. C’est l’une des raisons qui m’a fait changer», explique-t-il.

De plus, Zacharie estime que les violonistes professionnels ont plus tendance à se diriger vers un luthier, alors qu’un luthier spécialisé dans les guitares doit compétitionner avec les grandes compagnies américaines et chinoises pour vendre ses créations.

Une fois son cours terminé en 2014, celui-ci a poursuivi son apprentissage l’année suivante lors de stages et de cours privés, notamment auprès de Richard Compartino, dont l’atelier se situe à Saint-Séverin. «Ma première année m’a permis de gagner de l’expérience, que ce soit en faisant mes propres projets ou en apprenant auprès d’autres personnes», ajoute-t-il.

Fabriquer un archet

Le bois utilisé pour fabriquer un archet est le pernambouc. Il s’agit d’une essence originaire du Brésil. «Pour la confection d’un archet, on va raboter une baguette de bois et lui donner une courbure en la chauffant et en la pliant. Le pernambouc a la capacité de garder sa forme une fois plié», décrit-il.

La deuxième grande partie dans la fabrication d’un archet comporte quelques notions de joaillier. «On va utiliser l’ébène, qui est un bois noir et très solide, et on va aussi fabriquer des pièces en argent, dont le bouton et le mécanisme qui permet de tendre les crins de chevaux», poursuit l’artisan.

Pour Zacharie, l’archet est une extension de la main du musicien. «Un archet est quelque chose de plus personnel qu’un violon. Une personne peut apprécier un archet, mais une autre n’y verra pas les qualités que la première personne a vues», conclut-il.

Pour l’instant, il vend principalement ses archets dans différents magasins, mais il aimerait répondre à des commandes spécifiques dans le futur.

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