«On parle de rapprocher l’école des parents, c’est de la foutaise»

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Par Andréanne Huot
«On parle de rapprocher l’école des parents, c’est de la foutaise»
Le président de la CSBE

Le projet de loi 86, déposé lors de la dernière journée de la session parlementaire, vendredi dernier par le ministre de l’Éducation, François Blais, est loin de faire l’affaire du président de la Commission scolaire de la Beauce-Etchemin (CSBE), Charles-Henri Lecours.

Pour celui qui n’avait parcouru le projet de loi que sommairement au moment de notre entrevue, Charles-Henri Lecours considère que cette nouvelle proposition démontre tout le mépris qu’il y a envers les élus scolaires.

«On s’attendait à ce projet de loi-là, mais je m’attendais à quelque chose de beaucoup plus structuré que ça. On nous dit que les directions d’écoles vont être gagnantes, mais je ne suis pas certain de ça», mentionne M. Lecours.

M. Lecours revient sur les élections scolaires qui ont coûté moins cher que prévu, 12 M$ au lieu de 20 M$. Le faible taux de participation peut être réglé, selon lui, en faisant les élections scolaires en même temps que les municipales et en instaurant le vote électronique. Mais le projet de loi prévoit aussi que les élections scolaires ne seront pas abolies complètement. «S’il y a plus de 15 % des parents qui veulent une élection, il va y en avoir et le coût sera payé par la commission scolaire», explique le président.

Lorsque le ministre Blais mentionne que les Commissions scolaires ont un surplus d’un peu plus de 800 M$, M. Lecours explique qu’en fait, 400 M$ sont les immeubles et un autre 400 M$ sont les avantages sociaux futurs. Il ne reste que quelques millions de surplus pour l’ensemble des commissions scolaires.

M. Lecours doute que ce nouveau modèle en éducation va avantager les enfants et les faire réussir mieux. Selon lui, ce n’est pas non plus avec le maigre salaire des commissaires (environ 5000 $) que le gouvernement fera une économie notable, surtout que le nouveau conseil, formé de bénévoles, aura droit à des jetons de présence (assujettis à une rémunération).

15 jours de délai

«Dès que le projet de loi sera adopté, 15 jours après, c’est terminé, tout le monde est dehors. Tout de suite là c’est un manque de respect flagrant. Ce M. Blais-là veut décentraliser. On parle de rapprocher l’école des parents, c’est de la foutaise», réagit M. Lecours.

Incongruités

Charles-Henri Lecours explique que dans un nouveau conseil scolaire, le directeur d’école devra être évalué par le conseil, soit les parents et les enseignants. Selon lui, cette façon de faire est contraire au bon sens.

Alors que le ministre Blais mentionne que les parents seront mis à contribution dans ce nouveau conseil, M. Lecours explique qu’en fait, il n’en sera rien. «Dans un nouveau conseil, il va y avoir six parents sur 16. Actuellement, il y a 15 élus et quatre parents, mais sept commissaires sont aussi parents, ce qui en fait 11. Les parents ne seront pas gagnants».

La démocratie va en prendre un coup selon M. Lecours. Celui-ci a bien hâte de voir ce que le nouveau député de Beauce-Sud, Paul Busque, aura à dire aux enfants la semaine prochaine lors de l’assermentation du parlement étudiant à la polyvalente Bélanger de Saint-Martin. «On favorise les parlements étudiants pour permettre aux jeunes d’être de meilleurs citoyens et leur donner une base de respect et d’écoute envers l’autre. On vient de bafouer tout ça», conclut le président de la CSBE.

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