Protéger le patrimoine agricole en Chaudière-Appalaches

Les agriculteurs ont travaillé avec divers instruments à travers les décennies. Certains de ces éléments sont considérés aujourd’hui comme des pièces de collection par des gens souhaitant protéger et mettre en valeur notre patrimoine agricole.

Fondée en 2004, l’Association pour la protection du patrimoine agricole en Chaudière-Appalaches (APPACA) regroupe 125 membres poursuivant cette mission. Ces derniers collectionnent des outils communs, comme des tracteurs et scies à chaîne, ainsi que des instruments plus spécifiques, comme des chalumeaux ou des barattes à beurre.

Le groupe est la seule division actuelle de l’Association provinciale du patrimoine agricole (APPA) créée en 1992 à Saint-Hyacinthe, en Montérégie. Le secteur agricole en Chaudière-Appalaches est le deuxième plus important au Québec après cette région.

«L’histoire agricole de la Montérégie est surtout basée sur les objets mécanisés, comme les tracteurs. Chez nous, on avait au moins 30 ans de retard en mécanisation, ce qui fait que les agriculteurs utilisaient plus des objets manuels. Il y avait aussi davantage une agriculture de subsistance», mentionne Robert Paré, président de l’APPACA.

Expos et démos

À cause de ce caractère unique, des citoyens jugeaient nécessaire la création d’une région autonome affiliée à l’APPA. Les membres sont des investisseurs avec de bons contacts prêts à tout pour trouver les pièces à protéger et qui pourront être exposés en public. Des instruments se transmettent aussi à chaque génération.

«On fait des expositions et démonstrations dans des musées ou des expositions agricoles comme à Saint-Isidore et Saint-Anselme. Chaque fois, on exploite un thème différent. À une époque où tout va rapidement, c’est important de retrouver le contact avec nos racines», estime Robert Paré.

Ce dernier possède d’ailleurs une terre céréalière à Saint-Frédéric qui était autrefois une ferme laitière.

«Je suis la cinquième génération à qui a été transmise la terre. J’ai aussi un gros bâtiment avec plein de vieux instruments agricoles. On ne fait pas ça pour l’argent, mais parce qu’on veut découvrir des trésors et les partager», d’ajouter Robert Paré.

Jusqu’au 17 avril, l’APPACA présente l’exposition «Il était une fois le lait et ses dérivés» au centre culturel Marie-Fitzbach à Saint-Georges. Celle-ci contient des instruments reliés à la traite, le service, le transport et la transformation du lait datant du 19e siècle jusqu’aux années 1960.

Comme l’APPACA veut augmenter son nombre de membres dans le sud de la Beauce, elle tiendra son assemblée annuelle le 30 avril prochain à 10h30 à Saint-Théophile au restaurant-gîte Au Vieux Mélèze. Pour plus d’information, contactez Robert Paré au 418 426-2781 ou 418 882-9144.

Autre texte sur le sujet :

http://www.leclaireurprogres.ca/culture/2016/3/10/d_acericulteur-a-collectionneur.html