Deux polyvalentes beauceronnes luttent contre le vapotage

SANTÉ. Depuis le début du mois d’octobre, une cinquantaine de polyvalentes au Québec, dont Bélanger à Saint-Martin et Saint-François à Beauceville, ont annoncé avoir mis en place une stratégie pour une génération sans fumée. 

Ce projet consiste en l’implantation d’actions visant à assurer le respect de la Loi sur le tabac, à prévenir l’initiation au tabagisme et au vapotage ainsi qu’à accompagner les élèves et les membres du personnel souhaitant se départir de leur dépendance à la nicotine. Il a été établi dans le cadre du Plan génération sans fumée (PGFS) du Conseil québécois sur le tabac et la santé (CQTS).

« En prenant part à la démarche du PGFS, les écoles réalisent des actions concrètes qui sauront freiner l’initiation au vapotage et au tabagisme, en plus d’encourager la cessation chez les jeunes qui sont déjà aux prises avec une dépendance à la nicotine » affirme Annie Papageorgiou, directrice générale du CQTS.

Polyvalentes beauceronnes

Pour ce qui est des objectifs des deux établissements scolaires, celle de Saint-Martin souhaite assurer l’application de la Loi concernant la lutte contre le tabagisme et faire de la prévention auprès des jeunes en les informant et en dénormalisant le tabagisme et le vapotage. 

« Nous avons à cœur le bien-être et la santé de nos élèves et du personnel de l’école. Ainsi, nous mettrons en place les outils nécessaires pour soutenir l’école dans la prévention du tabagisme », déclare Alexandre Boily, directeur adjoint de la polyvalente Bélanger.

À Beauceville, la direction veut, à court et moyen terme, faire la sensibilisation aux risques liés au tabagisme et soutenir les élèves à arrêter la consommation de nicotine pour finalement devenir une école sans fumée.

« Nous considérons important de mettre en place un plan d’action afin de sensibiliser nos jeunes aux dangers des produits du tabac et de vapotage, en plus de soutenir ceux qui souhaitent arrêter. Nous prenons très au sérieux les données révélées par notre profil tabagique », conclut Anne Bégin directrice de la polyvalente Saint-François.

Deux études révélatrices

Depuis plus de deux ans, une étude pour fabriquer un profil tabagique complet, avec des objectifs clairs, a été dressée dans les polyvalentes Bélanger de Saint-Martin et Saint-François de Beauceville afin de lutter contre le tabagisme et le vapotage.

Réalisée en hiver 2020, la direction de la polyvalente Saint-François a observé, à la suite d’un sondage électronique, que 84 % des élèves rapportent avoir vu des jeunes fumer sur le terrain de l’école, que 24 % ont fait l’usage d’au moins un produit du tabac et 31 % d’entre eux le font tous les jours. Toutefois, 53 % des élèves fumeurs de l’école envisagent d’arrêter.

Depuis le 1er septembre 2006, la polyvalente Saint-François offre un milieu de vie sans fumée. Malgré tout, l’établissement scolaire remarque que les produits de vapotage et le cannabis sont attrayants. Elle souhaite donc agir rapidement et offrir un endroit sécuritaire et respectueux des lois établies, autant par les membres du personnel qu’auprès des étudiants.

Du côté de la polyvalente Bélanger, malgré une participation moins élevée à un sondage réalisé en septembre 2019, les chiffres semblent moins élevés. La majorité des répondants ont été des étudiants de première secondaire et ils ont avoué à 71 % n’être pas dépendants aux produits de tabac. Les étudiants ont inscrit à 15 % avoir fait usage de la cigarette ou la vapoteuse, mais 52 % ont indiqué avoir commencé par curiosité et 24 % pour gérer leurs émotions.

Danger du vapotage 

Avec le retour au quotidien à l’école depuis quelques mois au Québec, le Conseil québécois sur le tabac et la santé (CQTS) a voulu sensibiliser, par le biais d’une campagne, les jeunes et leurs parents aux effets des produits du vapotage. Depuis quelques années, la dépendance à la cigarette électronique est en augmentation chez les jeunes et des impacts négatifs ont été observés, notamment sur leur réussite scolaire.

La nicotine en forte concentration inhalée par les jeunes modifie l’équilibre du cerveau et peut affecter les capacités d’apprentissage ainsi que la régulation des émotions. Selon l’étude réalisée par le CQST, les jeunes vapoteurs sont donc plus souvent susceptibles d’avoir des troubles de la mémoire ainsi que des difficultés à se concentrer ou à gérer leur humeur.

Pour plus d’informations sur l’impact de la nicotine chez les jeunes, des outils sont disponibles sur le site parlonsenmaintenant.ca.