Forêt : un modèle à revoir

Plusieurs intervenants de la région ont pris part à une étape de la démarche intitulée Tables de réflexion sur l’avenir de la forêt, le jeudi 29 février dernier à Lévis, à l’invitation du ministère des Ressources naturelles et des Forêts, dans le but d’identifier des solutions d’avenir pour assurer la pérennité et la mise en valeur durable de la forêt.

Les intervenantes et intervenants régionaux ont pu échanger sur quatre grands thèmes, soit l’aménagement durable et la productivité des forêts, l’approvisionnement en bois, la conciliation des usages ainsi que le développement économique et les retombées régionales.

Stratégie d’investissements, plans financiers et augmentations des possibilités forestières sont les principales demandes adressées par les intervenants présents à la rencontre, tandis que l’augmentation de la résilience des forêts aux changements climatiques et la présence de la tordeuse des bourgeons d’épinettes sur le territoire sont certains des constats partagés en matière d’environnement.

Présent à la rencontre, le député de Rouyn-Noranda-Témiscamingue et adjoint gouvernemental à la ministre des Ressources naturelles et des Forêts, Daniel Bernard, estime que l’exercice en valait la peine. « On a vu les impacts des changements climatiques sur la forêt, notamment à la suite des feux de forêt dans le nord l’an dernier. La foudre étant la cause principale, la hausse des températures fait que la fréquence des orages violents augmente. D’une région à une autre, les industries sont différentes et les changements climatiques aussi. Alors cette tournée en vaut la peine ».

M. Bernard observe qu’un constat revient d’une région à l’autre, celui d’une planification en amont. Meilleurs aménagements, optimisation de la productivité via différents mécanismes et une meilleure cohabitation en seraient les principaux avantages, selon lui. « Cette planification doit aussi être d’un horizon plus long qu’à l’heure actuelle, de 5 à 10 ans minimalement. On pourrait ainsi avoir une meilleure prévisibilité pour tous les usagers de la forêt, principalement pour les gens de l’industrie. »

Une mise à jour nécessaire

En Chaudière-Appalaches, la présence de la forêt privée se distingue des autres régions, selon ce qu’il remarque. « La disparité de la règlementation municipale, qui s’ajoute à celle des ministères, est un irritant chez plusieurs. La présence des industries à proximité et l’acériculture, la présence d’entreprises familiales comparativement à celle des gros joueurs ailleurs, les liens avec la forêt privée, c’est vraiment la première fois qu’on aborde ces sujets. Le dernier colloque sur la forêt remonte à 2011 et on serait peut-être dus pour renouveler l’expérience. »

Questionné sur le fait que ce sont souvent les mêmes doléances qui sont livrées lors de rencontres du genre, M. Bernard estime que certaines choses sont déjà en évolution. « On a déjà fait le constat que la forêt était surexploitée et des enjeux avaient été soulevés dans le passé, dont l’aménagement durable, la cohabitation, les changements climatiques, la régionalisation et les enjeux avec les premières nations. En 2024, nous sommes 20 ans après la Commission Coulombe, 10 ans après la mise en place du Régime forestier, et on remarque certaines imperfections. »

Parmi les défaillances qu’il remarque, la réalisation des travaux sylvicoles en forêt, la mise en marché du bois, le coût de la fibre, l’approche écosystémique et autres en sont quelques-unes. « Il faudra faire des ajustements. Est-ce que ce sera une loi, des changements à la règlementation, il faudra faire quelque chose. Il faut trouver un équilibre dans tout ça ».

Il convient en terminant que les attentes du milieu sont élevées. « Nous en sommes conscients. Le fait que nous sommes dans une formule plénière fait que chacun entend le point de vue de l’autre. Autant le propriétaire que l’industriel. Connaitre les besoins de l’autre vient enrichir la discussion, ce qui est intéressant pour nous. »

La démarche de consultation doit s’étendre jusqu’au 12 avril prochain.