QS ne veut pas d’un train aérien pour la nouvelle mouture du REM de l’Est

Mathieu Paquette, La Presse Canadienne
QS ne veut pas d’un train aérien pour la nouvelle mouture du REM de l’Est

MONTRÉAL — Tout, sauf un train aérien. Voilà qui résume bien la position de Québec solidaire, qui s’engage à ne jamais élever de structures en béton dans l’Est de Montréal, pour remplacer le projet de REM de l’Est, s’il est porté au pouvoir en octobre prochain.

Le député d’Hochelaga-Maisonneuve, Alexandre Leduc, et la candidate dans Bourget, Marie-Eve Rancourt, ont fait une sortie lundi pour confirmer que sous un gouvernement solidaire, jamais un train léger aérien ne serait installé dans les quartiers de l’Est de Montréal, puisque ce mode créerait une nouvelle «fracture urbaine», selon eux.

«L’horreur visuelle que cela créerait pour les voisins qui habitent dans ces quartiers serait insupportable», tranche M. Leduc en entrevue avec La Presse Canadienne. «Avoir une structure de béton de 10 mètres de haut comme voisin, ce n’est pas le fun.»

Le REM de l’Est devait, à la base, relier l’Est de l’île au centre-ville en utilisant un tracé aérien sur la majorité de son parcours. La promesse: se rendre de Pointe-aux-Trembles au centre-ville en 25 minutes.

Mais en raison de nombreuses critiques, le projet a été retiré des mains de CDPQ Infra, la branche immobilière de la Caisse de dépôt et placement du Québec, et le gouvernement du Québec en a repris les reines au début du mois.

Québec solidaire craint toutefois que le nouveau projet, qui fait toujours l’objet d’analyse par le gouvernement, la Ville de Montréal et l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM), conserve l’idée d’un train léger aérien — ce à quoi il s’oppose farouchement.

«Il n’y a aucune acceptabilité sociale pour ce mode-là, explique Mme Rancourt. Il a été critiqué par les citoyens, mais aussi par des architectes et des urbanistes. C’est une fracture urbaine qui s’ajouterait dans un quartier où il y en a déjà beaucoup.»

Nouveau tracé, mais nouveau mode aussi

Lorsqu’il a repris le contrôle du projet, le gouvernement a annoncé sur le champ que la portion du centre-ville, fortement dénoncée en raison de l’impact architectural qu’auraient eu les structures de béton sur le boulevard René-Lévesque, était abandonnée.

Mais selon Québec solidaire, le tracé du nouveau projet pour les quartiers de l’Est demeure trop flou. «Je serais curieux d’aller me promener dans ces quartiers et de voir si les gens savent que l’aérien est toujours sur la table», souligne M. Leduc.

Au cours d’une séance d’information organisée la semaine dernière par le Collectif en environnement Mercier-Est — un regroupement de citoyens opposés au projet de REM de l’Est —, l’ARTM a affirmé que toutes les options étaient sur la table concernant le nouveau projet.

«Il n’y a rien d’arrêté, a mentionné le directeur exécutif, affaires publiques, marketing et expérience client pour l’ARTM, Michel Lemay. (…) D’ici la fin de l’année, on veut être capable d’arriver avec un mode et les grands paramètres de ce que j’appellerais une solution alternative qui pourrait rallier tout le monde.»

CDPQ Infra avait d’abord choisi un train aérien pour son métro léger, puisque ce mode permet d’éviter les intersections et les autres obstacles sur une voie partagée avec les autres véhicules. Le gain de temps était donc considérable par rapport au temps requis pour faire le même trajet en voiture ou en autobus.

Évidemment, un métro souterrain permet aussi d’éviter ces embûches, mais il est beaucoup plus dispendieux à construire.

Mais Québec solidaire croit que ce gain de temps n’est pas suffisant pour justifier l’installation de structure de bétons dans des quartiers résidentiels. Le parti estime que si le train aérien peut répondre aux besoins des gens qui se déplacent fréquemment de l’Est au centre-ville, il délaisse ceux qui ont à se déplacer entre les quartiers.

«Il y a aussi des déplacements à l’intérieur des quartiers. Il faut évaluer les besoins et y répondre adéquatement», indique Mme Rancourt.

Québec solidaire n’a pas tranché sur quel mode — tramway, métro ou autre — il jetterait son dévolu une fois au pouvoir, mais le parti est convaincu qu’un train aérien ne peut fonctionner.

Consultations publiques

Une courte marche sur les rues Souligny et Sherbrooke dans le quartier de Mercier permet d’apercevoir de nombreuses pancartes en opposition au REM de l’Est.

Maintenant qu’ils ont gagné l’abandon du projet initial, les citoyens réclament d’être consultés pour sa nouvelle mouture. C’est ce qu’on fait plusieurs d’eux lors de la rencontre organisée la semaine dernière avec l’ARTM.

«J’aimerais qu’on porte la voix des nombreuses personnes qui sont ici ce soir et qui n’en veulent pas de tracé aérien», a lancé l’un d’eux sous les applaudissements de la foule.

L’ARTM a promis de poursuivre les consultations, et c’est ce que réclame aussi Québec solidaire.

«Il faut un lien structurant dans l’Est, il y a un consensus là-dessus, mais construisons-le avec les professionnels de l’ARTM et à partir des besoins des gens pour avoir le meilleur projet possible», pense M. Leduc.

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